Publié le 7 février 2026 21:39:00. Des organisations juridiques australiennes et palestiniennes demandent l’arrestation en Australie d’un ancien général israélien, Doron Almog, accusé de crimes de guerre, alors qu’il se rend dans le pays avec le président Isaac Herzog.
- Des groupes juridiques ont officiellement sollicité la police fédérale australienne (AFP) pour arrêter Doron Almog à son arrivée.
- Almog avait fui Londres en 2005 après l’émission d’un mandat d’arrêt britannique pour crimes de guerre présumés.
- Les accusations portent sur des violations des droits de l’homme et des Conventions de Genève commises entre 2000 et 2003, ainsi que sur des actes récents liés à la colonisation en Cisjordanie.
Des organisations juridiques australiennes et palestiniennes ont conjointement demandé à la police fédérale australienne (AFP) d’arrêter l’ancien général israélien Doron Almog dès son arrivée en Australie la semaine prochaine, où il doit se rendre avec le président israélien Isaac Herzog. Cette demande fait suite à des allégations de crimes de guerre et à un passé où Almog a échappé à la justice.
En septembre 2005, Almog avait quitté Londres précipitamment alors qu’un mandat d’arrêt avait été émis par un tribunal britannique pour des crimes de guerre présumés. Alerté de son arrestation imminente à l’aéroport d’Heathrow, il était resté à bord de l’avion qui a fait demi-tour vers Tel Aviv.
Les accusations contre Almog se fondent sur son commandement du Commandement Sud de l’armée israélienne entre 2000 et 2003. Durant cette période, l’armée israélienne a été accusée d’innombrables violations des droits de l’homme et de graves infractions aux Conventions de Genève dans la bande de Gaza, territoire occupé. Parmi les faits reprochés figurent la destruction de 59 maisons et biens, le meurtre de trois adolescents, celui d’une femme enceinte lors de démolitions, ainsi que la mort de 14 personnes et les blessures de 150 autres lors d’une frappe aérienne utilisant une bombe d’une tonne dans une zone civile densément peuplée.
En mars 2024, les groupes avaient déjà transmis un dossier détaillé au gouvernement australien et à l’AFP lors d’une précédente visite d’Almog. Le ministre de l’Intérieur de l’époque avait refusé d’annuler son visa, et l’AFP n’avait pas donné suite aux allégations contenues dans le dossier.
Selon la législation australienne, les crimes graves sont considérés comme des infractions pénales sérieuses, obligeant l’Australie à rechercher, arrêter et poursuivre les auteurs présumés. Les organisations estiment que l’AFP dispose des éléments de preuve depuis mars 2024 et exigent l’arrestation immédiate d’Almog à son arrivée. Elles soulignent qu’il ne bénéficie d’aucune immunité et ne devrait pas être protégé par une quelconque couverture diplomatique.
De nouvelles accusations ont été portées contre Almog, en raison de son rôle actuel de président du comité exécutif de l’Agence juive pour Israël. Il est accusé d’avoir participé à l’autorisation, à l’organisation ou à la direction du transfert de populations civiles israéliennes vers la Cisjordanie occupée, un acte considéré comme une violation grave de la Quatrième Convention de Genève et un crime pénal en vertu du Code pénal du Commonwealth.
« Almog n’aurait jamais dû être autorisé en Australie, ni en 2015, ni en 2024, ni aujourd’hui. Mais étant donné qu’il sera probablement autorisé à entrer dans le pays, il doit être arrêté. Il doit répondre aux allégations crédibles portées contre lui. Cette impunité dont jouissent Israël et ses dirigeants doit cesser. Les crimes commis sous son commandement il y a plus de 20 ans sont des crimes que l’armée israélienne commet aujourd’hui à Gaza, avec une intensité encore plus féroce. »
Rawan Arraf, directrice exécutive du Centre australien pour la justice internationale
« Nous agissons pour les victimes d’Almog depuis 2001. Depuis plus de deux décennies, nous avons essayé par tous les moyens de le traduire en justice pour son implication dans ces crimes. Et nous continuerons à le faire aussi longtemps que nous le pourrons. Israël poursuit ses crimes contre le peuple palestinien avec le plein soutien des nations occidentales. À Gaza, nous sommes actuellement confrontés au point culminant de cette impunité, un génocide. L’Australie doit décider si elle veut adhérer à la loi de la jungle ou à l’État de droit. »
Raji Sourani, directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme
« Bien qu’elle ait ratifié le Statut de Rome qui stipule clairement qu’il est du « devoir de chaque État d’exercer sa juridiction pénale sur les responsables de crimes internationaux », l’Australie a délibérément ignoré le Statut de Rome et a autorisé les actes criminels israéliens. Nous appelons l’Australie à assumer ses responsabilités internationales et à arrêter et poursuivre Almog en justice. Son échec persistant à le faire a donné le feu vert à l’impunité israélienne et a enhardi les responsables israéliens au point de commettre ouvertement un génocide. La première étape pour mettre fin au génocide est de mettre fin à l’impunité. Cela commence maintenant. »
Shawan Jabarin, directeur général d’Al-Haq
La demande officielle adressée au commissaire de la police fédérale australienne est disponible ici.