Publié le 18 février 2026 à 14h06. Le secteur de la grande distribution espagnole connaît une dynamique de croissance soutenue, portée par des investissements massifs de Carrefour et Aldi, mais aussi par des critiques acerbes envers le géant Mercadona, accusé de pratiques monopolistiques.
- Carrefour prévoit d’ouvrir 750 nouveaux magasins d’ici 2030 et investira plus de 150 millions d’euros dans la modernisation de ses enseignes.
- Aldi ambitionne d’embaucher 1 100 personnes cette année et d’ajouter 40 nouveaux points de vente à son réseau existant.
- Le secteur a enregistré des bénéfices records de 7,5 milliards d’euros en 2024, en partie grâce à l’inflation.
L’Espagne voit une nouvelle fois son paysage de la grande distribution se redessiner. Carrefour et Aldi ont annoncé des plans d’expansion ambitieux, signalant un regain de confiance dans le marché espagnol. Ces initiatives interviennent dans un contexte de croissance générale du secteur, qui affiche des performances similaires à celles d’avant la pandémie de coronavirus.
Carrefour a dévoilé un accord stratégique avec le groupe Vusion, une entreprise spécialisée dans la digitalisation, pour moderniser ses supermarchés d’ici 2030. Cet investissement conséquent, estimé à plus de 150 millions d’euros, vise à améliorer l’expérience client et à optimiser les opérations. Parallèlement, Aldi prévoit l’ouverture de 40 nouveaux magasins cette année, en ciblant particulièrement les régions de la Communauté Valencienne, de Madrid, des Îles Baléares, d’Andalousie, de Murcie et de Catalogne, portant ainsi son parc total à environ 500 établissements.
Ces annonces se produisent alors que le secteur de la distribution alimentaire espagnol affiche une santé financière robuste. L’Agence fiscale a révélé que les marques du secteur ont augmenté leur rentabilité brute pour dépasser 6,1 %, atteignant des bénéfices historiques de 7,5 milliards d’euros en 2024. Cette performance est en partie attribuable à l’inflation mondiale qui a suivi la crise sanitaire.
Cependant, cette prospérité n’est pas sans susciter de critiques. Ione Belarra, figure de proue du parti Podemos, a profité de ces annonces pour réitérer ses accusations contre Juan Roig, fondateur et propriétaire de Mercadona. Lors d’une séance parlementaire, elle a dénoncé les pratiques de l’entreprise, la qualifiant de leader incontesté du marché espagnol, avec une part de marché de 26,6 % en fin d’année 2024, selon les données de Kantar.
« Il y a un an, les œufs à Mercadona coûtaient un peu plus de deux euros, et maintenant ils coûtent plus de 3 (…) parce que vous avez autorisé cet être méprisable que Juan Roig transforme le secteur alimentaire en Espagne en un véritable monopole. »
Ione Belarra, secrétaire générale de Podemos
Mercadona domine largement le marché, devançant Carrefour, Lidl, Eroski, Día, Consum, Alcampo et, en huitième position, Aldi. La position dominante de l’entreprise suscite des inquiétudes quant à la concurrence et à l’impact sur les prix pour les consommateurs.