Publié le 6 février 2026 13h12. Une modification potentielle du règlement technique de la Formule 1, concernant les moteurs, suscite l’inquiétude chez Mercedes et ses écuries clientes, Alpine, McLaren et Williams, alors que débute la nouvelle saison des tests.
- La FIA pourrait modifier la procédure de contrôle des moteurs pour vérifier la compression à chaud, ce qui pourrait désavantager Mercedes.
- Ferrari, Honda et Audi soutiennent cette modification, tandis que Red Bull Powertrains semble avoir changé de position.
- La décision finale dépendra d’un vote qualifié impliquant la FIA, la Formule 1 et quatre des cinq constructeurs de moteurs.
L’ouverture de la saison de Formule 1 à Barcelone a été éclipsée par un débat intense concernant les moteurs et une potentielle « astuce » développée par Mercedes pour gagner en puissance. Initialement, la FIA avait semblé accepter cette approche, exploitant une zone grise du règlement qui entrera en vigueur en 2026. Cependant, une volte-face est désormais envisagée, suscitant l’inquiétude au sein de l’équipe allemande et de ses partenaires.
Selon le média spécialisé italien Sprint Automatic, la FIA serait prête à donner satisfaction à la position de Ferrari dans ce conflit. La proposition en discussion consisterait à vérifier le taux de compression des moteurs V6 à chaud, c’est-à-dire une fois qu’ils sont en fonctionnement et à température. Cette modification nécessiterait l’approbation de quatre des cinq constructeurs de moteurs.
Bien qu’il existe onze écuries en Formule 1, seuls cinq constructeurs de groupes motopropulseurs ont un droit de vote : Ferrari (qui fournit également Haas et Cadillac), Honda (Aston Martin), Audi (qui remplacera Sauber), Mercedes (Alpine, Williams, McLaren et l’équipe principale) et Red Bull Powertrains-Ford (qui équipe l’équipe Red Bull et Racing Bulls).
Le média italien précise que les moteurs Mercedes V6, bien que conformes au règlement lors des mesures à froid, étaient capables de dépasser les nouvelles limites de compression (16:1) une fois en fonctionnement. La nouvelle méthode de contrôle, si elle est adoptée, consisterait à mesurer les pièces du V6 à chaud, mais de manière statique.
Une réunion entre les équipes, la Formule 1 et la FIA aurait abouti à un accord pour modifier les critères de test en vue du Grand Prix d’Australie, qui marquera le début de la saison en mars.
Toto Wolff, directeur de Mercedes, avait précédemment affirmé que le moteur de son équipe était « légal » et critiqué ceux qui cherchaient à détourner l’attention des performances des moteurs. Cependant, selon Sport automobile, Red Bull aurait désormais abandonné son soutien à Mercedes dans ce dossier.
La modification du règlement technique nécessitera un vote, mais Mercedes est en position délicate car l’unanimité n’est pas requise. Une « majorité qualifiée », comprenant la FIA, la Formule 1 et quatre des cinq constructeurs de moteurs, suffira à valider la nouvelle interprétation.
L’information révèle que seul Mercedes s’opposerait à cette modification, Ferrari, Honda et Audi ayant déjà exprimé leur soutien. Red Bull Powertrains se serait également rallié à cette position, abandonnant ainsi sa neutralité initiale.
Cette situation intervient à un moment critique, à moins d’une semaine du début des essais de pré-saison à Bahreïn (du 11 au 13 février, puis du 18 au 20 février) et juste un mois avant le Grand Prix d’Australie (du 5 au 8 mars). Il est également important de noter que Mercedes a été l’équipe qui a le plus roulé lors des essais privés à Barcelone, avec 500 tours enregistrés, et que son groupe motopropulseur a totalisé 1128 tours en comptant les performances d’Alpine et de McLaren. Plus d’informations sur les essais de Barcelone.
Selon le média italien Corse Automatica, la « combine » potentielle concernant le taux de compression du moteur repose sur le fait que les ingénieurs de Mercedes auraient trouvé un moyen de se rapprocher de l’ancienne valeur de 18:1, par rapport aux 16:1 imposés par le règlement technique de cette année. Certains experts estiment qu’atteindre un taux de compression plus élevé pourrait offrir un avantage allant jusqu’à 20 chevaux.
Bien que Red Bull ait abandonné sa position neutre et se soit engagé plus activement dans ce débat, il convient de noter que les propositions émergées lors de la réunion seront désormais évaluées. Les techniciens de Ferrari auraient identifié une solution pour clarifier les méthodes de contrôle actuelles et futures, afin d’éviter que des situations similaires ne se reproduisent, une proposition qui a été approuvée mais qui reste soumise au contrôle de la FIA.
Le nouveau règlement technique de la FIA pour 2026, qui établit un taux de compression maximal de 16:1, a suscité des inquiétudes chez les constructeurs après la découverte de possibles avantages liés à l’utilisation de matériaux qui augmentent leur volume avec l’élévation de la température pendant les courses. Les gains potentiels pourraient atteindre 10 kW (13 chevaux), ce qui se traduirait par un gain de temps au tour allant jusqu’à 0,4 seconde, selon les caractéristiques de chaque circuit.
La controverse s’est intensifiée lorsque Ferrari, Audi et Honda ont officiellement demandé à la FIA de clarifier la légalité de la stratégie de Mercedes par le biais d’une lettre commune. Ils ont fait valoir que, selon l’interprétation actuelle de l’article C1.5, certains moteurs pourraient fonctionner en dehors des paramètres réglementaires pendant la course, ce qui remettrait en question l’équité sur la piste.