Publié le 2025-10-15 18:59:00. Le support technique officiel de Windows 10 prend fin, mais les utilisateurs européens bénéficient d’un sursis d’un an pour les mises à jour de sécurité. Cette prolongation offre un délai supplémentaire avant la transition vers Windows 11, une migration rendue complexe par les exigences matérielles du nouveau système.
Le soutien technique de Windows 10 a officiellement pris fin ce 14 octobre. Si, dans la plupart des régions du monde, cela signifie l’arrêt des mises à jour de sécurité, l’Union européenne bénéficie d’une exception notable. Les utilisateurs résidant dans l’UE pourront continuer à recevoir gratuitement les correctifs de sécurité pour Windows 10, dans sa version 22H2, jusqu’au 13 octobre 2026.
Pour profiter de cette prolongation, les utilisateurs concernés doivent s’assurer d’avoir installé la version 22H2 de Windows 10. Une notification leur sera envoyée par le système pour les guider dans le processus d’inscription à ce programme de mises à jour de sécurité étendues. Il est important de noter que ce dispositif ne couvre pas les nouvelles fonctionnalités logicielles ni le support technique général, qui ont bel et bien pris fin hier.
Le passage à Windows 11, la solution privilégiée par Microsoft, n’est pas une évidence pour tous. Les exigences matérielles assez strictes du nouveau système d’exploitation ont suscité de vives critiques, tant chez les particuliers que les professionnels. Pour de nombreux utilisateurs dont les appareils ne répondent pas aux critères, la seule alternative proposée par Microsoft consiste à acquérir un nouvel ordinateur, même si leur machine actuelle est relativement récente.
Cette situation explique en partie pourquoi une part significative des utilisateurs de Windows 10 hésitent à franchir le pas. Selon des estimations récentes, environ 40 % des ordinateurs dans le monde utiliseraient encore Windows 10. Cette réticence pose un défi majeur en matière de sécurité, car sans mises à jour régulières, ces machines deviennent plus vulnérables aux menaces informatiques émergentes.
Microsoft semble vouloir accélérer le renouvellement du parc informatique, visant potentiellement à remplacer près de 400 millions d’ordinateurs incompatibles avec Windows 11. Cette stratégie suscite des interrogations, d’autant que Windows 11 lui-même a été critiqué pour son manque d’attractivité et l’intégration de fonctionnalités d’intelligence artificielle jugées intrusives par certains.
Alternatives à Windows 10 : Migrer ou changer de cap
Pour les utilisateurs qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas passer à Windows 11, plusieurs options s’offrent à eux. La plus courante, bien que parfois contrainte, consiste à migrer vers Windows 11 gratuitement, à condition que l’équipement réponde aux exigences techniques. D’autres ont profité de l’occasion pour remplacer leur ancien matériel par un nouveau dispositif déjà équipé de Windows 11.
Cependant, certains utilisateurs ont vu cette transition comme une opportunité de se tourner vers des alternatives. L’installation de distributions Linux représente une voie populaire. Ce changement permet non seulement de s’affranchir de l’écosystème Microsoft, mais aussi de prolonger significativement la durée de vie des appareils. La plupart des distributions Linux, telles qu’Ubuntu, Debian, Mint, Elementary, Red Hat ou SuSE, sont connues pour leurs exigences matérielles nettement moins contraignantes que celles de Windows.
À l’usage, les utilisateurs de Linux constatent souvent une amélioration des performances, un fonctionnement plus fluide et une moindre chauffe de leur machine. De plus, les systèmes Linux sont réputés pour leur absence de publicités intempestives, de logiciels préinstallés inutiles (bloatware), et pour leur respect de la vie privée par défaut, ne collectant pas de données utilisateur sans consentement explicite. Les configurations complexes pour éviter les intrusions potentielles de Microsoft sont également de l’histoire ancienne.
Linux, en tant que système open source et gratuit, offre une grande flexibilité. Chaque distribution propose sa propre interface utilisateur, son environnement de bureau et son magasin d’applications. La robustesse et la sécurité du système sont reconnues, soutenues par une vaste gamme d’applications et d’outils compatibles, dont beaucoup sont également gratuits, à l’image de la suite bureautique LibreOffice.
Pour les nouveaux venus dans le monde Linux, Ubuntu et Mint sont souvent recommandés. Mint, en particulier, peut offrir une transition plus douce pour les anciens utilisateurs de Windows grâce à son interface graphique familière et sa configuration rappelant le système d’exploitation de Microsoft.
Certains utilisateurs et entreprises, souhaitant un changement plus radical, se sont tournés vers macOS, le système d’exploitation d’Apple. Cette option implique cependant l’acquisition d’un nouvel appareil Apple, ce qui représente un investissement financier conséquent, limitant cette solution aux budgets plus importants.
Une autre alternative intéressante est ChromeOS, le système d’exploitation de Google pour ordinateurs. Si son adoption passe souvent par l’achat d’un nouvel appareil (Chromebook), généralement moins coûteux que les Mac, ses capacités peuvent être limitées pour des tâches gourmandes en ressources. Néanmoins, pour un usage courant et multimédia, il s’avère souvent suffisant.
Au-delà de ces options majeures, il existe des systèmes moins connus et plus spécialisés, tels qu’Unix, FreeBSD, FreeDOS ou OpenBSD. Ces systèmes, bien que performants dans certains domaines, demandent souvent une connaissance approfondie et ne sont pas toujours mis à jour aussi fréquemment. Certains d’entre eux ne disposent même pas d’environnement graphique, nécessitant une gestion via ligne de commande, ce qui les rend inadaptés à un usage généraliste.
En somme, pour ceux qui cherchent à quitter Windows 10 sans pour autant adopter Windows 11, les migrations vers Linux ou macOS représentent les solutions les plus populaires et les plus accessibles.