Publié le 14 octobre 2025. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, a indiqué que l’économie des États-Unis pourrait nécessiter de nouvelles baisses de taux d’intérêt pour soutenir l’emploi, face à un essoufflement de la création d’emplois.
- La Fed prévoit au moins deux réductions de taux d’ici la fin de l’année.
- Des signes de « refroidissement » du marché du travail américain sont observés, malgré une croissance du PIB estimée à 4% pour le troisième trimestre.
- Jerome Powell a défendu les achats d’actifs massifs réalisés en 2020-2021 pour soutenir l’économie face à la pandémie.
Lors d’une allocution à Philadelphie, Jerome Powell a pointé du doigt une augmentation des risques pesant sur l’emploi, soulignant que si la croissance économique se maintient, la baisse du rythme des embauches constitue un défi. S’exprimant devant la National Association for Business Economics, il a précisé que ces éléments justifient une politique monétaire plus accommodante.
Bien qu’aucune donnée officielle sur l’emploi de septembre n’ait été publiée en raison d’une fermeture gouvernementale, des études internes et des rapports privés font état d’un ralentissement. Selon des estimations, les entreprises auraient supprimé environ 32 000 postes en septembre, les créations d’emplois restant faibles et les perspectives d’embauche des entreprises et des ménages en baisse.
Les indicateurs économiques actuels présentent un tableau contrasté. D’une part, le modèle GDPNow de la Réserve fédérale d’Atlanta projette une croissance du produit intérieur brut (PIB) d’environ 4 % pour le troisième trimestre. D’autre part, le marché du travail montre des signes de fléchissement. Des facteurs tels que les tarifs douaniers, le ralentissement de l’immigration et les investissements dans l’intelligence artificielle pourraient influencer cette dynamique économique, selon Grégory Daco, économiste en chef chez EY-Parthenon.
Dans ce contexte, le gouverneur de la Fed, Christopher Waller, a préconisé des baisses de taux « graduelles » et limitées à un quart de point, dans le but de protéger l’emploi et d’éviter les erreurs de politique monétaire. Il a souligné qu’une baisse de l’emploi et une forte croissance du PIB sont incompatibles, suggérant que le marché du travail doit retrouver sa vigueur pour soutenir l’expansion économique.
Jerome Powell a également réaffirmé sa position concernant les achats d’obligations et de titres adossés à des créances hypothécaires menés en 2020 et 2021. Il a reconnu qu’avec le recul, ces achats auraient pu être interrompus plus tôt, tout en justifiant ces mesures comme une protection contre les risques pandémiques. Cette politique a cependant été critiquée par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, qui a remis en question ses bénéfices pour l’activité réelle et son rôle dans l’accroissement des inégalités.
Depuis 2022, la Fed a entamé la réduction de son bilan en laissant des obligations arriver à échéance. Le solde s’établit actuellement à 6,6 billions de dollars. Powell a indiqué que cette diminution pourrait bientôt cesser en raison d’une demande accrue de réserves, dépassant de 1 100 milliards de dollars le niveau d’avant la crise sanitaire. Les réserves doivent en effet rester élevées pour assurer la stabilité financière.
La prochaine réunion du Comité fédéral de marché ouvert (FOMC) se tiendra les 28 et 29 octobre. Il y sera notamment question d’une éventuelle deuxième réduction de 0,25 point des taux directeurs. Anna Paulson, présidente de la Fed de Philadelphie, a souligné que la croissance reste concentrée dans certains secteurs, tandis que les milieux d’affaires expriment des interrogations quant à la demande future.
Jerome Powell a conclu en affirmant que la Fed doit fonder ses décisions sur les données disponibles, avec pour objectif de maintenir une politique permettant d’ajuster les taux d’intérêt en fonction de l’évolution de l’emploi et de l’inflation. La prochaine décision de la banque centrale sera donc cruciale pour l’orientation des coûts de financement et la résilience du marché du travail américain.