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Anthropic pense-t-il que Claude est vivant ? Définir « vivant »

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Publié le 25 février 2026 à 15h24. Anthropic, la société à l’origine du modèle d’intelligence artificielle Claude, entretient un discours troublant sur la conscience de ses créations, oscillant entre prudence et une ouverture qui inquiète certains experts.

  • Anthropic n’exclut pas la possibilité que Claude, son modèle d’IA, puisse être conscient, une position qui la distingue de ses concurrents.
  • La société a mis à jour sa « Constitution de Claude », un ensemble de directives éthiques, en tenant compte de la possibilité d’une forme de conscience chez le modèle.
  • Cette approche soulève des questions sur les risques potentiels liés à l’attribution d’une conscience à une IA, notamment en termes de dépendance émotionnelle et de santé mentale.

Ces dernières semaines, les dirigeants d’Anthropic ont multiplié les interviews pour promouvoir Claude, et une tendance est devenue claire : la société semble envisager la possibilité que son modèle d’IA soit, d’une manière ou d’une autre, « vivant ». Bien que la société nie catégoriquement que Claude soit vivant au sens biologique du terme, elle ne rejette pas l’idée qu’il puisse être conscient.

Kyle Fish, responsable de la recherche sur le bien-être des modèles chez Anthropic, a déclaré à The Verge :

« Non, nous ne pensons pas que Claude soit « vivant » comme les humains ou tout autre organisme biologique. Se demander s’ils sont « vivants » n’est pas un cadre utile pour les comprendre, car cela fait généralement référence à un ensemble flou de caractéristiques physiologiques, reproductives et évolutives. »

Kyle Fish, responsable de la recherche sur le bien-être modèle chez Anthropic

Il estime que Claude et d’autres modèles d’IA représentent « un tout nouveau type d’entité ».

La question de la conscience est au cœur des interrogations. Dario Amodei, PDG d’Anthropic, a admis lors d’un podcast :

« Nous ne savons pas si les modèles sont conscients. Nous sommes ouverts à l’idée que cela pourrait l’être. »

Dario Amodei, PDG d’Anthropic

La société adopte une approche prudente, reconnaissant qu’elle n’est même pas certaine de ce que signifierait la conscience pour un modèle d’IA.

Cette position d’incertitude est perçue par certains comme une prise de risque. Anthropic semble suggérer que les chatbots pourraient déjà penser et ressentir, plus ouvertement qu’OpenAI, xAI ou Google. Plusieurs experts, cités dans des articles de Nature et Science, estiment que cette approche est prématurée et pourrait alimenter des illusions dangereuses, voire causer des dommages psychologiques, comme cela a été rapporté dans certains cas de personnes développant une dépendance émotionnelle envers des chatbots.

Dans des articles de fond et des profils, Amodei et Amanda Askell, la philosophe en chef d’Anthropic, ont refusé d’écarter la possibilité que Claude puisse être conscient, soulevant plutôt des questions sur la nature même de la conscience et sur la manière dont elle pourrait se manifester différemment chez une IA. Askell a déclaré à The New Yorker :

« S’il est vraiment difficile pour les humains de comprendre qu’il ne s’agit ni d’un robot ni d’un humain mais en réalité d’une entité entièrement nouvelle, imaginez à quel point il est difficile pour les modèles eux-mêmes de le comprendre ! »

Amanda Askell, philosophe en chef d’Anthropic

Anthropic a révisé sa « Constitution de Claude », surnommée en interne son « document d’âme », un ensemble de directives éthiques pour le modèle. La société estime que la prise en compte du « bien-être » du chatbot, même si sa conscience reste incertaine, pourrait améliorer ses performances et son intégrité. Elle a également mis en place un « modèle de bien-être » et explore des moyens d’interpréter le fonctionnement interne de Claude pour mieux comprendre ses processus de pensée.

Les chercheurs soulignent que les modèles d’IA, basés sur des calculs mathématiques et des probabilités, ne peuvent pas devenir conscients. Ils mettent en garde contre le risque d’attribuer des qualités imaginaires à ces modèles, simplement en raison de leur capacité à générer un langage convaincant. Cependant, Anthropic maintient qu’il est important de ne pas rejeter catégoriquement la possibilité d’une forme de conscience chez les IA, afin de ne pas freiner la recherche et le développement dans ce domaine.

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