Publié le 14 octobre 2025. L’Association représentative des officiers commissionnés (RACO) tire la sonnette d’alarme sur la rémunération des cadets des Forces de défense, jugée insuffisante et pénalisante pour le recrutement. La conférence annuelle de l’organisation, qui se tient cette semaine, met en lumière cette disparité salariale.
- Le salaire hebdomadaire d’un cadet (493,45 €) est inférieur au salaire minimum et de 41 % à celui d’une recrue nouvellement engagée.
- Cette différence de traitement persiste tout au long de la carrière, un officier devant attendre cinq ans pour égaler la rémunération d’une recrue.
- RACO met en garde contre un risque de démission si ces conditions salariales ne sont pas revues.
Alors que le Tánaiste et ministre de la Défense, Simon Harris, doit s’adresser aux délégués de la RACO, la question des bas salaires des cadets risque de dominer les discussions. Le lieutenant-colonel Conor King, secrétaire général de l’association, souligne l’ampleur du problème : « Le salaire des cadets reste le plus bas des Forces de défense, à seulement 493,45 € par semaine, contre 540,05 € pour une recrue. » Il précise qu’un cadet perçoit ce salaire pendant sa première année, tandis qu’une recrue passe à 41 879,67 € annuels après seulement six mois. Sur cette première année, le cadet est donc désavantagé de 40,7 % par rapport à son homologue engagé, un écart considérable au début de leur parcours.
L’association insiste sur le fait que cette disparité salariale a des répercussions à long terme. Même après la formation initiale, il faut cinq ans à un officier pour rattraper la rémunération de carrière d’un militaire du rang, malgré une formation plus longue et des responsabilités accrues. Bien que RACO salue les récentes augmentations de la solde des soldats, elle considère que le faible traitement des cadets constitue un frein majeur au recrutement. Le lieutenant-colonel King avertit : « Si ce problème n’est pas résolu, le RACO n’aura d’autre choix que de recommander aux futurs candidats cadets de s’enrôler comme recrue dans les forces de défense avant de commencer leur carrière de cadet. »
RACO, qui représente 1 225 officiers en service, du sous-lieutenant au colonel, ainsi que leurs équivalents dans la marine, abordera également 26 motions lors de sa conférence de deux jours. Parmi les sujets abordés figurent les retraites, la solde à l’étranger et l’accélération de la citoyenneté pour les officiers nés hors d’Irlande. L’insuffisance des effectifs dans les unités opérationnelles est une autre préoccupation urgente qui sera mise en lumière.
Face à une instabilité géopolitique croissante, le lieutenant-colonel Martin Ryan, président de RACO, a rappelé l’importance d’un système de défense et de sécurité nationale correctement doté en moyens. « Nous avons besoin que le gouvernement accorde une attention urgente aux compétences spécialisées requises pour répondre aux demandes émergentes », a-t-il déclaré, ajoutant que cela permettrait de gérer efficacement les risques de gouvernance et de protéger le bien-être des militaires.
L’association compte par ailleurs interpeller le ministre Harris sur le statut des aumôniers des forces de défense. Ces derniers se sont vu refuser la représentation par RACO, au motif qu’ils ne sont pas considérés comme membres des forces de défense. Le service d’aumônerie attend désormais des clarifications du ministère de la Défense quant à son statut officiel.
Il est à noter que le budget 2026, annoncé la semaine dernière, prévoit une enveloppe record de 1,49 milliard d’euros pour la défense, soit une augmentation de 145 millions d’euros (11 %) par rapport à 2025.