Publié le 2025-11-03 18:51:00. Le Soudan est plongé dans une guerre dévastatrice depuis plus de deux ans, opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR). Ce conflit, attisé par des rivalités internes et des ingérences étrangères, déchire le pays et provoque une crise humanitaire majeure.
- Le conflit, qui a éclaté en 2023, a déjà causé au moins 150 000 morts et contraint plus de 12 millions de personnes à fuir leurs foyers.
- Des divisions ethniques et politiques profondes, couplées à des intérêts économiques et des soutiens extérieurs variés, alimentent la violence.
- La guerre aboutit à une division territoriale du pays, avec les FSR contrôlant l’ouest et les régions du Darfour, tandis que l’armée régulière domine le centre-ouest et a repris la capitale Khartoum.
Depuis plus de deux ans, le Soudan est le théâtre d’affrontements violents entre l’armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire sous la houlette de Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ». Initialement, le prétexte à la guerre fut la tentative d’intégrer les FSR au sein de l’armée nationale, une décision qui a rapidement dégénéré en conflit ouvert. Ce pays, marqué par une longue histoire de régimes militaires et de conflits internes, semble ainsi prisonnier d’un cycle de violence dont la fin est encore incertaine.
La guerre actuelle a entraîné une partition de facto du territoire soudanais. Les FSR exercent un contrôle significatif sur les régions occidentales, notamment le Darfour, et la ville d’El-Fasher, actuellement au cœur des combats. De leur côté, les forces gouvernementales maintiennent leur emprise sur les zones centre-occidentales, ayant réussi ces derniers mois à reconquérir la capitale Khartoum, un succès stratégique majeur. Cependant, la résolution du conflit reste lointaine, notamment en raison du soutien continu apporté aux deux camps par des puissances étrangères aux agendas divergents.
Les soutiens extérieurs jouent un rôle prépondérant dans la pérennisation du conflit. L’armée régulière bénéficie de l’appui de l’Égypte, un allié historique partageant une frontière commune, ainsi que de l’Arabie Saoudite et de la Turquie, cette dernière cherchant à renforcer sa présence sur la côte de la mer Rouge via le gouvernement soudanais. Certains analystes évoquent également un soutien de l’Iran à l’armée régulière, potentiellement utilisé comme corridor pour acheminer des approvisionnements aux Houthis au Yémen. Les FSR, quant à elles, recevraient un financement et un armement substantiels des Émirats arabes unis, intéressés par les vastes ressources minérales de l’ouest du Soudan. Pour acheminer ces ressources, les Émirats utiliseraient le Tchad, pays voisin, et des factions libyennes liées au maréchal Khalifa Haftar, malgré les dénégations officielles et les rapports des Nations Unies. Les paramilitaires russes, successeurs du groupe Wagner, et l’Éthiopie figurent également parmi les acteurs soutenant les FSR. Ces multiples interventions étrangères ne font qu’exacerber les divisions internes et hypothéquer les perspectives de paix.