Publié le 2025-10-30 21:59:00. Une vaste opération policière dans les favelas de Rio de Janeiro a conduit à la saisie de 93 fusils, dont plusieurs proviennent des forces armées de pays sud-américains, mettant en lumière les réseaux d’approvisionnement du crime organisé.
- Parmi les armes confisquées, deux fusils FAL appartenaient aux Forces armées nationales bolivariennes (FANB) du Venezuela.
- Plusieurs autres armes provenaient des armées brésilienne, argentine et péruvienne.
- La majorité des fusils saisis étaient des modèles couramment utilisés par les organisations criminelles, mais une grande partie s’est révélée être des copies de fabrication irrégulière.
Lors d’une importante opération menée cette semaine dans les complexes des favelas de Penha et Alemão à Rio de Janeiro, les autorités brésiliennes ont découvert un arsenal conséquent. Plus précisément, 93 fusils ont été saisis, la plupart étant en possession du Comando Vermelho, l’une des organisations criminelles les plus puissantes et historiques du Brésil. La découverte la plus notable concerne deux fusils FAL identifiés comme appartenant aux Forces armées nationales bolivariennes (FANB) du Venezuela.
Vinicius Domingos, coordinateur de la Division de Contrôle des Armes et Explosifs (CEFAI) de la Police Civile, a précisé que d’autres armes provenaient des armées d’autres pays sud-américains. « Deux fusils FAL appartiennent aux forces armées vénézuéliennes, deux autres aux forces armées brésiliennes, un à celle de l’Argentine et un G3 à celle du Pérou », a-t-il détaillé.
La majorité des armes saisies correspond aux modèles G3 (d’origine allemande), FAL (belge), AK-47 (russe) et AR (américain). Cependant, Domingos a souligné qu’environ 90% de ces armes étaient des copies fabriquées de manière irrégulière. Bien qu’elles conservent une puissance de feu importante, elles ne répondent pas aux normes techniques des modèles originaux.
Les experts vont désormais analyser chaque arme en détail. L’objectif est de constituer une base de données permettant de retracer les itinéraires de trafic transfrontalier. « La majorité de ces armes ne proviennent pas de collectionneurs brésiliens, mais de routes terrestres venant de l’Amazonie, notamment du Paraguay », a précisé Vinicius Domingos.
Une opération meurtrière révèle la violence du Comando Vermelho et de ses réseaux
Le Comando Vermelho, né à la fin des années 1970 au sein de l’Institut pénal Cândido Mendes, une prison de haute sécurité de Rio de Janeiro, a considérablement évolué. D’une organisation carcérale, il s’est transformé en un groupe criminel spécialisé dans le trafic de drogue, la contrebande d’armes et le contrôle territorial des favelas. Il est également impliqué dans des opérations de blanchiment d’argent et des réseaux de corruption.
Cette méga opération policière, qualifiée par les autorités comme la plus meurtrière de l’histoire de Rio, a causé la mort d’au moins 132 personnes, selon les données du Bureau régional du Défenseur public. Le gouvernement local a par ailleurs fait état de 81 arrestations, de la saisie d’une demi-tonne de drogue et de 14 engins explosifs. Ces événements relancent le débat national sur l’usage de la force dans les favelas et l’efficacité des stratégies de sécurité mises en place dans ces zones sensibles.