La famille royale britannique est confrontée à une nouvelle crise majeure : l’arrestation du prince Andrew, frère du roi Charles III, pour suspicion de manquement à ses devoirs de probité. L’enquête, déclenchée par la publication de documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein, porte sur la possible divulgation d’informations confidentielles.
Le prince Andrew, âgé de 66 ans, a été interpellé jeudi et placé en garde à vue. La police de Thames Valley, sans divulguer son identité initialement, a confirmé l’arrestation d’un sexagénaire soupçonné d’avoir transmis des documents sensibles à Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour exploitation sexuelle de mineures. Des perquisitions ont été menées dans une résidence du Berkshire, où le prince Andrew résidait avant de se voir retirer ses titres royaux en octobre dernier, ainsi qu’à Sandringham, dans l’est de l’Angleterre.
Selon les éléments révélés par des courriels, le prince Andrew aurait partagé avec Epstein des informations obtenues durant ses fonctions d’envoyé spécial pour le Commerce britannique, poste qu’il a occupé entre 2001 et 2011. Les envoyés spéciaux sont soumis à des règles strictes de confidentialité concernant les informations commerciales et sensibles.
« À la suite d’un examen approfondi, nous avons désormais ouvert une enquête sur ce motif de manquement présumé au devoir de probité dans l’exercice de ses fonctions publiques », a déclaré Oliver Wright, chef adjoint de la police de Thames Valley, dans un communiqué. « Il est important que nous protégions l’intégrité et l’objectivité de notre enquête à l’heure où nous travaillons avec nos partenaires à enquêter sur ces accusations présumées. »
Le roi Charles III a réagi à l’arrestation de son frère avec « la plus profonde inquiétude ». Dans un communiqué, il a affirmé que la justice doit suivre son cours et a assuré aux autorités le soutien total de la famille royale. « Tant que cette procédure est en cours, il ne serait pas approprié que je fasse d’autres commentaires à ce sujet. Dans l’intervalle, ma famille et moi-même continuerons de nous acquitter de notre devoir », a-t-il déclaré.
Cette affaire relance un scandale qui entache la réputation du prince Andrew depuis des années. Son amitié avec Jeffrey Epstein lui a déjà coûté ses fonctions officielles, ses titres et sa résidence. Il a toujours nié toute implication dans les abus sexuels commis par Epstein, mais a reconnu regretter cette relation.
L’enquête actuelle a été initiée suite à un signalement du groupe anti-monarchiste Republic, après la publication de millions de pages de documents relatifs à l’affaire Epstein par le département de la Justice américain fin janvier. Ces documents révèlent que le prince Andrew a transmis à Epstein des informations concernant le Vietnam, Singapour et d’autres pays visités lors de missions officielles.
Un manquement au devoir de probité dans l’exercice de fonctions publiques est passible d’une peine de réclusion à perpétuité, et sera jugé devant une cour de la Couronne, juridiction compétente pour les infractions pénales les plus graves au Royaume-Uni.
Il est important de noter que cette enquête ne concerne pas les allégations d’abus sexuels portées par Virginia Giuffre, une ancienne victime de Jeffrey Epstein, qui avait intenté une action en justice contre le prince Andrew. Cette action s’était soldée par un accord à l’amiable en 2022, et Virginia Giuffre est décédée en 2025.