Cinq personnes ont été interpellées samedi à Broadview, dans l’Illinois, en marge de manifestations tendues devant un centre de transformation de la glace. Ces arrestations interviennent alors que des tensions persistent entre manifestants et forces de l’ordre, sur fond d’incidents similaires ayant eu lieu à Chicago.
Selon le Commandement unifié, une alliance regroupant la police de l’État de l’Illinois (ISP), la police de Broadview et d’autres agences, les cinq individus interpellés pourraient faire face à des accusations de rébellion contre l’autorité et d’obstruction. Ils ont tous été arrêtés par des agents de la police de l’État de l’Illinois.
Ces événements surviennent dans un contexte déjà tendu, marqué par une fusillade impliquant des agents fédéraux à Chicago le même jour. Le ministère de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security – DHS) a indiqué qu’une femme a été blessée près de l’intersection des rues 39ème et South Kedzie. Les agents menaient une patrouille de routine lorsqu’ils auraient été encerclés par dix véhicules, dont l’un aurait percuté un véhicule des forces de l’ordre.
Tricia McLaughlin, adjointe au secrétaire du DHS chargée des affaires publiques, a précisé que l’un des conducteurs impliqués était armé d’une arme semi-automatique, poussant les agents à ouvrir le feu en légitime défense. NBC Chicago n’a pas été en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante.
Les manifestants se sont rassemblés sur les lieux de la fusillade, où des agents fédéraux ont eu recours à des agents chimiques pour disperser la foule. La police de Chicago s’est rendue sur place pour assurer la sécurité et réguler la circulation, tandis que l’enquête sur l’incident a été confiée aux autorités fédérales.
Par ailleurs, ces manifestations font écho à la décision de l’administration du président Donald Trump d’envisager la fédéralisation de membres de la Garde nationale de l’Illinois pour un déploiement dans la région de Chicago, en raison de ce que la Maison Blanche qualifie d’« émeutes violentes et d’anarchie ». Le gouverneur de l’Illinois, J.B. Pritzker, a dénoncé cette approche, affirmant avoir reçu un ultimatum du ministère de la Guerre de l’administration Trump lui demandant d’ordonner le déploiement des troupes, sous peine que cela soit fait par le gouvernement fédéral.
« Il est absolument scandaleux et non américain d’exiger qu’un gouverneur envoie des troupes militaires à l’intérieur de nos propres frontières et contre notre volonté », a déclaré le gouverneur Pritzker. Ce dernier a contesté à plusieurs reprises l’autorité du président Trump pour déployer la Garde nationale à des fins de maintien de l’ordre, affirmant que cette autorité relevait des gouverneurs. La décision d’un juge fédéral samedi dernier, qui a ordonné la suspension du déploiement de troupes de la Garde nationale à Portland, pourrait avoir un impact sur la situation dans l’Illinois, bien que le calendrier et les modalités d’un éventuel déploiement dans cet État restent incertains.
Richard J. Hayes, un général de brigade à la retraite de la Garde nationale de l’Illinois, a souligné qu’un examen juridique serait mené avant tout déploiement, rappelant l’obligation des militaires de s’assurer de la légalité des ordres reçus.