Arsenal a décroché sa qualification pour les quarts de finale de la League Cup en battant ses adversaires, une victoire qui confirme la profondeur de son effectif et la promesse de ses jeunes talents, sans toutefois masquer les ambitions plus élevées du club.
La soirée en League Cup a offert à Arsenal un double motif de satisfaction : une qualification pour les quarts de finale et une confirmation éclatante de la richesse de son vivier de jeunes joueurs. Loin de prendre des risques avec ses cadres, le club a privilégié le temps de jeu pour les remplaçants et la mise en lumière de sa pépinière, Hale End. Cette approche pragmatique permet de consolider le parcours en coupe tout en préservant les forces vives pour les échéances majeures. Si la conquête d’un trophée, quel qu’il soit, est toujours un objectif louable, notamment pour un club en quête de succès après plus de cinq ans d’attente, les ambitions d’Arsenal ne sauraient s’arrêter là.
Une victoire finale en League Cup, sans autre récompense au terme de la saison, laisserait certainement un goût d’inachevé, tant pour les observateurs que pour le manager Mikel Arteta lui-même. Ce dernier pourrait alors regretter d’avoir manqué l’opportunité de capitaliser sur la position de leader de son équipe en Premier League. Actuellement en tête du championnat avec quatre points d’avance et un jeu des plus performants en Angleterre, la priorité d’Arsenal est désormais de ne pas hypothéquer ses chances dans les compétitions majeures. La saison dernière, la sortie de route en demi-finale de cette même coupe, face à Newcastle, avait été marquée par des blessures graves, notamment celles de Kai Havertz et Gabriel Martinelli, qui avaient pesé lourdement sur les espoirs de l’équipe pour la saison 2024-2025. De même, l’élimination en Europa League face au Sporting avait vu les absences de William Saliba et Takehiro Tomiyasu compromettre les chances de titre au printemps 2023.
La stratégie d’Arsenal depuis la fin de saison dernière a été axée sur la minimisation de ces risques. Le club s’est renforcé en profondeur, doublant chaque poste, un choix qui porte désormais ses fruits. La composition alignée ce soir-là ne comptait que dix changements par rapport à l’équipe victorieuse de Crystal Palace samedi. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant de voir la majorité des titulaires mis au repos lors du prochain match contre Burnley, à l’exception peut-être d’Eberechi Eze. Même privés de joueurs clés tels que Havertz, Noni Madueke, Gabriel Jesus et Gabriel Martinelli, les Gunners ont pu aligner un joueur ayant déjà remporté un titre de champion de Bundesliga, un milieu de terrain pilier de la sélection espagnole et le latéral gauche titulaire de l’équipe d’Angleterre.
Cependant, tous ces éléments n’étaient que des seconds rôles face à la véritable étoile du spectacle. Le rugissement du public avant le coup d’envoi a clairement indiqué la ferveur pour Max Dowman, âgé de 15 ans et 302 jours, devenant ainsi le plus jeune joueur à débuter sous le maillot d’Arsenal dans les 138 ans d’histoire du club. À huit ans lorsque Bukayo Saka faisait ses débuts, six ans lorsque son entraîneur mettait un terme à sa carrière de joueur, et un peu plus d’un an au moment de la dernière finale perdue par Arsenal face à Birmingham dans cette compétition, chaque détail concernant Dowman touche une corde sensible chez ceux qui ont connu ces époques. Le plus ironique ? Il a probablement déjà entendu parler du « six-sept », terme associé à une défaite historique du club.
Heureusement, il n’a pas fallu l’affronter. L’expérience n’a sans doute pas été des plus agréables pour Maxime De Cuyper, courant après des ombres qui devraient plutôt réviser pour leurs examens. Fidèle à la tradition de Hale End, ses accélérations lui ont permis de se faufiler dans des espaces improbables, révélant une vision du jeu précoce et un sens de la passe exceptionnels. Bien qu’il n’ait pas encore inscrit de but ni délivré de passe décisive, rien ne presse ; il sera toujours plus jeune que le détenteur actuel du record, Cesc Fabregas, à la fin de cette saison. Les performances observées mercredi laissent penser qu’il a toutes les cartes en main pour aspirer à une carrière similaire.
Si l’on craint de lui mettre trop de pression, le jeune homme semble porter ce fardeau avec aisance. Interrogé sur la réaction de Dowman à sa première titularisation, Arteta a confié : « Un tout petit sourire. C’est ce que vous obtenez de lui. Pour lui, tout est naturel, tout va bien. C’est sa façon de jouer, c’est le secret. Il ne fait pas de grands discours, il fait simplement ce qu’il sait faire de mieux : jouer au football avec beaucoup de courage et de détermination. Aujourd’hui, il a montré des qualités incroyables, une capacité à dépasser des joueurs de Premier League à 15 ans. C’est quelque chose de spécial. »
Celui dont Dowman a battu le record n’a pas non plus montré de signes de déclin. Ethan Nwaneri, 18 ans, a mis un peu de temps à trouver son rythme, mais dès la seconde mi-temps, il a démontré ses qualités : faire progresser le jeu et se positionner dans des zones dangereuses. Un subtil coup de patte de Mikel Merino, une passe bien ajustée de Myles Lewis-Skelly, et Arsenal filait vers les quarts de finale. Bukayo Saka s’est ensuite chargé de sceller la victoire, l’un des nombreux titulaires habituels rentrés en cours de jeu pour maintenir le rythme.
À ce stade, les joueurs qui avaient besoin de temps de jeu avaient rempli leur contrat. Christian Norgaard a montré des signes de rouille, ce qui était prévisible. Ben White, en revanche, était en pleine forme, affichant un niveau qui le place parmi les meilleurs arrières droits du monde dans sa quête pour déloger Jurrien Timber. Piero Hincapie s’est montré agressif sans le ballon et précis avec, démontrant exactement ce qu’on attend d’un joueur occupant la place de Gabriel Magalhaes. Même Andre Harriman-Annous, un adolescent moins médiatisé, a vraisemblablement marqué des points pour son avenir avec une prestation énergique en pointe de l’attaque.
Arsenal a d’autres objectifs plus importants, et honnêtement, une élimination à ce stade de la compétition n’aurait pas été une source de déception majeure pour Arteta. Cependant, gagner n’est jamais une mauvaise chose, surtout lorsque cela se fait sans compromettre les chances de succès futurs lorsque les enjeux seront réellement cruciaux.