Publié le 5 novembre 2025 06:01:00. Avant de quitter votre poste, assurez-vous de ne pas laisser d’argent sur la table. Une démission bien préparée permet de sécuriser primes, actions, formations financées et autres avantages acquis.
Quitter son emploi est une décision qui demande une préparation minutieuse, surtout lorsque des sommes importantes sont en jeu. Avant de notifier votre départ, il est essentiel de passer en revue votre contrat de travail et le manuel de l’employé pour connaître vos droits et éviter de perdre des revenus potentiels.
Les primes : une question de timing et de contrat
Les primes, qu’elles soient annuelles, trimestrielles ou liées à des objectifs spécifiques, représentent souvent une somme conséquente. Cependant, les modalités de versement sont cruciales. « La plupart des systèmes de primes indiquent que si vous partez, vous partez. Vous ne recevez rien au prorata du temps passé là-bas », explique Anne Lyne, associée spécialisée en droit du travail chez Hayes Solicitors. Toutefois, si la date de versement de la prime tombe pendant votre période de préavis et que le règlement ne l’interdit pas explicitement, vous pourriez y avoir droit.
Il faut être particulièrement vigilant quant aux primes dites « discrétionnaires ». Même si un manuel détaille des critères de performance, l’employeur conserve une marge de manœuvre. Caroline Reidy, directrice générale de HR Suite, souligne l’importance de la nature de la prime : « Disons que vous atteignez vos objectifs, qui sont jusqu’en décembre, que votre bonus est prévu pour janvier et que vous remettez votre préavis en janvier, vous avez droit au bonus jusqu’à la fin décembre parce que vous l’avez mérité ». En revanche, une prime accumulée sur toute l’année mais dont la date de paiement est postérieure à votre départ ne vous sera généralement pas due, sauf si vous êtes toujours en poste à la date fatidique.
Les plans d’intéressement à long terme, conçus pour fidéliser les cadres sur des périodes de trois à cinq ans, impliquent généralement que le départ avant terme entraîne la perte des sommes non acquises. « Il s’agit en réalité de primes de rétention, donc si vous partez à mi-chemin, vous ne l’obtenez pas », précise Caroline Reidy.
Actions et options : bien comprendre la nature de l’avantage
Les actions et les options d’achat d’actions sont des avantages qui peuvent sembler attrayants, mais dont la valeur n’est souvent pas tangible immédiatement. Si vous détenez des actions réelles dans l’entreprise, vous conservez votre participation après votre départ. Cependant, les options d’achat d’actions sont différentes. « Si vous y regardez bien, vous ne possédez pas réellement une partie de l’entreprise », illustre Anne Lyne. « Ce n’est pas une Ferrari, c’est une photo d’une Ferrari. »
La plupart des plans d’options sur actions prévoient une date d’acquisition. Si vous quittez l’entreprise avant cette date, vous perdez vos options. Il est donc crucial de vérifier les termes et conditions de ces plans. « La plupart ont une date d’acquisition. Les options sur actions vous sont proposées aujourd’hui, mais elles ne sont pas acquises avant cinq ans et si vous partez avant la date d’acquisition, vous les perdez », avertit Anne Lyne.
Formation et congés : ce que l’employeur peut récupérer
Si votre employeur a financé votre formation, par exemple un MBA, il peut demander le remboursement des sommes engagées si vous partez dans un certain délai après l’obtention du diplôme. « La plupart des employeurs stipuleront que si vous partez dans un certain laps de temps, ils récupéreront cette somme », indique Anne Lyne. Il est possible que le nouvel employeur propose une prime de signature pour compenser ces frais.
Concernant le congé de maternité, si vous quittez votre poste peu de temps après votre retour, l’employeur pourrait chercher à récupérer les sommes versées pendant votre absence. Les modalités varient selon les contrats, mais cela peut aller jusqu’à la récupération intégrale de l’indemnité si le départ intervient dans les premières semaines.
Quant aux congés annuels non pris, un employeur peut vous imposer de les utiliser pendant votre période de préavis. Cependant, en pratique, il est rare qu’une entreprise force un employé à travailler jusqu’au dernier jour s’il préfère prendre ses congés restants.
La période de préavis et les clauses de non-concurrence
La période de préavis, qu’elle soit de quelques semaines ou de plusieurs mois, est un élément contractuel à respecter. Ne pas honorer cette période, surtout en rejoignant un concurrent, peut entraîner des complications. Bien que les clauses de non-concurrence soient plus complexes à appliquer en Irlande qu’au Royaume-Uni, elles existent et peuvent mener à des lettres de menace de la part de l’employeur. Il n’est toutefois pas obligatoire de révéler votre future destination professionnelle, même si les réseaux sociaux comme LinkedIn peuvent le faire savoir.
« Ce que nous constatons, c’est qu’un nouvel employeur est heureux d’attendre le délai de préavis. Si vous disposez d’un délai de préavis de trois mois, soyez clair avec lui dès le départ », conseille Caroline Reidy, soulignant l’importance du professionnalisme pour obtenir de bonnes références.
Santé et assurance : ne pas interrompre la couverture
En matière d’assurance maladie, il est crucial de se renseigner auprès de son employeur ou de la compagnie d’assurance sur la date de fin de couverture. Organiser une conversion en plan individuel avant l’échéance permet de maintenir la protection et d’éviter des délais de carence pour des conditions préexistantes. Une interruption de moins de 13 semaines suffit généralement à conserver son « historique » de couverture.