Le géant pharmaceutique AstraZeneca a annoncé vendredi un accord avec l’administration Trump visant à réduire le coût de ses médicaments sur ordonnance pour le programme Medicaid. Cette décision intervient alors que le président Donald Trump avait menacé d’imposer des droits de douane élevés aux entreprises pharmaceutiques qui refusaient de baisser leurs prix aux États-Unis. L’accord, similaire à celui conclu précédemment avec Pfizer, a été présenté par le président comme une victoire pour les consommateurs américains, qui paient, selon lui, les prix les plus élevés au monde pour leurs médicaments.
Lors d’une annonce dans le Bureau Ovale, Donald Trump a déclaré qu’AstraZeneca s’engagerait à proposer le « prix de la nation la plus favorisée », garantissant ainsi le tarif le plus bas appliqué dans d’autres pays développés, y compris pour les nouveaux médicaments lancés sur le marché. Pascal Soriot, le PDG d’AstraZeneca, a confié que les négociations avaient été intenses, précisant que le président Trump et son équipe l’avaient « vraiment tenu éveillé la nuit ».
Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un décret présidentiel signé en mai, qui fixait un ultimatum aux fabricants de médicaments : soit ils réduisaient leurs prix, soit ils faisaient face à de nouvelles limitations sur les remboursements gouvernementaux. L’administration Trump avait alors laissé entendre que d’autres accords similaires suivraient.
AstraZeneca, dont le siège est à Cambridge au Royaume-Uni, est un acteur majeur dans le domaine des traitements contre le cancer. L’entreprise commercialise notamment des médicaments tels que Tagrisso pour le cancer du poumon, Lynparza pour le cancer de l’ovaire, et Calquence pour la leucémie lymphoïde chronique. Ces produits ont généré plus de 7,5 milliards de dollars de ventes aux États-Unis l’année dernière.
Par ailleurs, AstraZeneca a annoncé jeudi son intention d’investir 4,5 milliards de dollars dans une nouvelle usine de fabrication près de Charlottesville, en Virginie. Cet investissement, salué par le gouverneur républicain Glenn Youngkin lors de l’événement de vendredi, s’inscrit dans un plan d’investissement de 50 milliards de dollars que l’entreprise prévoit de réaliser aux États-Unis d’ici 2030. Le laboratoire vise à atteindre 80 milliards de dollars de revenus totaux d’ici cette date, dont la moitié proviendrait des États-Unis, prévoyant la création de 3 600 emplois « pour commencer ».
Il est à noter qu’un des médicaments d’AstraZeneca a déjà bénéficié de réductions de prix suite à une stratégie de négociation mise en œuvre par l’administration Biden concernant le programme Medicare. Donald Trump a cependant tenu à préciser que les démocrates ne devaient pas « recevoir de crédit » pour ces avancées.
Ces annonces surviennent quelques mois après qu’AstraZeneca a renoncé à agrandir une usine de fabrication de vaccins dans son pays d’origine, invoquant notamment une réduction du soutien financier gouvernemental.
Dans le cadre de cette nouvelle politique, l’administration Trump a lancé le site web TrumpRX.gov, présenté comme une plateforme où les consommateurs pourront acheter des médicaments directement auprès des fabricants. Pfizer et AstraZeneca sont cités comme les premières entreprises à proposer leurs produits via ce canal. Le site, qui met en avant deux imposantes photographies de Donald Trump, est annoncé comme « bientôt disponible » en janvier 2026. Il est précisé que sa conception a été réalisée par le « National Design Studio », un nouveau centre de conception de sites gouvernementaux créé par décret présidentiel en août et dirigé par Joe Gebbia, co-fondateur d’Airbnb.