Publié le 2025-10-10 14:33:00. Des milliers d’enseignants et de personnels de soutien à l’éducation ont manifesté pacifiquement à Oulan-Bator, en Mongolie, pour réclamer des salaires plus élevés et un investissement accru dans le système éducatif. Le mouvement, soutenu par une partie de la population, vise à alerter le gouvernement sur les conditions de vie précaires des éducateurs.
- La Fédération des syndicats mongols de l’éducation et des sciences (FMESU) demande une revalorisation salariale et un meilleur financement du secteur.
- Les enseignants dénoncent une inflation galopante, des difficultés de logement et une charge de travail excessive, incompatibles avec leur rémunération actuelle.
- Face à l’insuffisance des propositions gouvernementales, la FMESU a déclenché un conflit collectif et déposé un préavis de grève.
La capitale mongole, Oulan-Bator, a été le théâtre de manifestations pacifiques menées par des milliers d’enseignants et de personnels éducatifs. Ces actions, qui ont vu une solidarité croissante, y compris de la part des travailleurs du secteur ferroviaire, visent à faire pression sur le gouvernement pour qu’il réponde à leurs revendications urgentes. La Fédération des syndicats mongols de l’éducation et des sciences (FMESU) a clairement exprimé ses attentes lors d’une récente rencontre avec les autorités, plaidant pour une priorité accordée aux investissements dans les enseignants et l’éducation.
L’un des manifestants a résumé la situation critique : « Les enseignants ne parviennent pas à joindre les deux bouts avec le salaire actuel. Nous sommes confrontés à une inflation croissante, à des loyers inabordables et à une charge de travail qui dépasse largement l’enseignement. Nous sommes disponibles 24 heures sur 24 pour répondre aux demandes des parents et des élèves. Pendant ce temps, notre infrastructure scolaire se détériore, et nous sommes censés nous en sortir sans soutien adéquat. De plus, notre population étudiante est de plus en plus diversifiée, ce qui exige une attention accrue et des approches personnalisées. Pourtant, les ressources ne sont tout simplement pas disponibles. »
Une réunion s’est tenue le 8 octobre 2025 entre le Premier ministre G. Zandanshatar, le ministre de l’Éducation P. Naranbayar, le ministre des Finances B. Javkhlan et des représentants de la FMESU. Le Premier ministre a présenté la situation économique et le budget prévisionnel pour 2026, annonçant un doublement des investissements dans l’éducation et une augmentation de 100 milliards de tugriks (environ 33 millions d’euros) des coûts variables. Il a également évoqué la possibilité d’augmentations salariales liées à l’exploitation du gisement de Bortee, un site d’extraction de charbon. Un projet de résolution a été soumis au Parlement.
Cependant, le ministre de l’Éducation, P. Naranbayar, a précisé que le seul besoin pour augmenter le salaire de base nécessiterait 3 300 milliards de tugriks (environ 1,1 milliard d’euros) par an, une somme excédant les capacités fiscales actuelles de l’État. Le Premier ministre a donc chargé le ministre des Finances d’étudier une augmentation progressive des salaires, avec l’objectif d’atteindre un salaire de base de 3,5 millions de tugriks (environ 1 150 euros) d’ici 2028. La première étape prévoit une hausse à 1,85 million de tugriks (environ 600 euros) en janvier 2026, suivie d’une augmentation à 2,5 millions de tugriks (environ 815 euros) au second semestre de la même année.

La FMESU a rejeté cette proposition, jugeant la situation trop urgente et l’offre insuffisante. Le syndicat a officialisé le déclenchement d’un conflit collectif, conformément à l’article 148.2 du Code du travail. Après avoir nommé un médiateur et accepté ses conclusions, la FMESU a officiellement déposé un préavis de grève.

Les médias continuent de couvrir les sit-in et d’interviewer les manifestants. Parallèlement, la FMESU et la Confédération des syndicats mongols (CMTU) partagent les dernières informations en temps réel sur leurs pages Facebook officielles.
Actuellement, le salaire de base d’un enseignant ne dépasse pas 1,4 million de tugriks (environ 455 euros), soit moins de la moitié de celui des chauffeurs de bus publics (plus de 3,5 millions de tugriks, environ 1 150 euros). Cette disparité suscite une profonde frustration parmi les enseignants, qui déplorent également le manque de soutien gouvernemental pour des infrastructures scolaires sûres et durables.