Publié le 3 novembre 2025 – 07:17. Un violent séisme de magnitude 6,3 a frappé le nord de l’Afghanistan tôt lundi matin, causant la mort d’au moins neuf personnes et blessant des centaines d’autres. Ce nouveau drame survient seulement deux mois après une catastrophe similaire dans l’est du pays.
Les secousses, dont l’épicentre a été localisé à Kholm, dans la province de Samangan, se sont produites vers 1h00 du matin, heure locale (20h30 GMT dimanche). L’United States Geological Survey (USGS) a enregistré une profondeur de 28 kilomètres pour le foyer sismique.
Selon Sharafat Zaman, porte-parole du ministère de la Santé, le bilan provisoire fait état d’environ 320 blessés et de plus de 20 décès dans les provinces de Balkh et Samangan. Les opérations de secours sont rendues complexes par la nature montagneuse des régions, la faiblesse des réseaux de communication et le manque d’infrastructures, qui retardent souvent l’évaluation complète des dégâts.
La célèbre mosquée bleue de Mazar-i-Sharif, chef-d’œuvre architectural du XVe siècle, n’a pas été épargnée. Des journalistes de l’AFP ont constaté des dégâts importants, avec des éléments de sa structure, dont l’un de ses minarets, effondrés autour du site, qui est l’un des rares attraits touristiques de l’Afghanistan.
Le ministère de la Défense a indiqué avoir réussi à dégager une route bloquée par des glissements de terrain provoqués par le séisme et à secourir des personnes piégées. À Mazar-i-Sharif, la peur a poussé de nombreux habitants à quitter leur domicile par crainte d’effondrements supplémentaires.
Des répliques ont été ressenties jusqu’à Kaboul, la capitale du pays.
Ce nouveau tremblement de terre rappelle la vulnérabilité de l’Afghanistan face aux risques sismiques. Fin août, un séisme de magnitude 6 avait causé la mort de plus de 2 200 personnes dans les provinces orientales de Kunar, Laghman et Nangarhar, devenant le plus meurtrier de l’histoire récente du pays. La région de l’Hindu Kush, située à la rencontre des plaques tectoniques eurasienne et indienne, est particulièrement exposée. Le nord-est du pays a connu 12 séismes de magnitude supérieure à 7 depuis 1900, selon le sismologue Brian Baptie du British Geological Survey.
Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, l’Afghanistan a subi plusieurs secousses telluriques dévastatrices, dont celle de la région d’Hérat en 2023, qui avait fait plus de 1 500 morts et détruit plus de 63 000 habitations. Ces catastrophes s’ajoutent à une crise humanitaire profonde, marquée par la faim croissante, la sécheresse et un effondrement économique, selon les avertissements de l’ONU et des agences humanitaires.