Denver : une bataille financière et idéologique autour des produits aromatisés
Alors que les premiers bulletins de vote sont distribués, les petits commerçants de Denver se retrouvent au cœur d’un bras de fer financier considérable. Un milliardaire new-yorkais a injecté 1,6 million de dollars pour soutenir l’interdiction des tabacs aromatisés, portant le total des fonds dédiés à cette cause à plus de 2 millions de dollars. Ces sommes sont utilisées pour une campagne publicitaire visant, selon les opposants, à semer la confusion chez les électeurs concernant le référendum 310.
Cette mesure électorale offre aux habitants de Denver la possibilité de reprendre la main sur les décisions locales. Elle permettrait d’autoriser la vente de produits de vapotage aromatisés aux adultes de plus de 21 ans. Il est important de noter que la vente de ces produits aux mineurs est déjà illégale. L’enjeu principal réside dans la défense des petites entreprises locales et la préservation des 13 millions de dollars de revenus annuels générés par ces produits, fonds qui financent des services essentiels tels que l’éducation préscolaire et la sécurité publique.
La campagne « Non au 310 » est menée par des propriétaires de petites entreprises du Colorado. Ils estiment que les décisions concernant leur ville doivent émaner des citoyens locaux et non de puissances financières extérieures. Ces commerces, souvent familiaux et ancrés dans leurs communautés depuis des années, se voient contraints de lutter pour leur survie face à une campagne massivement financée et qui, selon eux, ne comprend ni la réalité de leur ville ni son économie.
Voter « Non » au référendum 310, c’est donc soutenir les petites entreprises, préserver des emplois locaux et garantir que 13 millions de dollars continuent de bénéficier à Denver, finançant les écoles, la sécurité et les services communautaires. C’est aussi défendre les familles et les travailleurs locaux, et affirmer le droit des adultes responsables à faire leurs propres choix.
— Kristen Hensel, Denver
Propriétaire de Rusty’s Vape and Smoke Shop.
En faveur du « Oui » au 310 : Un combat contre l’industrie du tabac
Concernant la mesure électorale 310, qui vise à interdire les produits de vapotage, il est crucial de rappeler que la nicotine est l’une des substances les plus addictives, surpassée uniquement par la cocaïne et l’héroïne. Il faut donc se méfier des manœuvres de l’industrie du tabac et du vapotage.
L’essentiel est que la nicotine vapotée génère, à terme, un potentiel de revenus plus élevé que les cigarettes, car le vapotage ne conduit pas aussi rapidement au décès de ses consommateurs. Il est évident que l' »industrie » cherche à créer le plus grand nombre de dépendants à la nicotine possible. Malheureusement, de nombreuses personnes continueront à payer pour cette dépendance tout au long de leur vie, pour le plus grand profit de l’industrie.
Pour ces raisons, il est demandé de voter « Oui » à la mesure 310 afin de maintenir l’interdiction des produits de vapotage à Denver.
— Guy Wroble, Denver
Lakewood : la densité urbaine, un enjeu de taille pour l’identité de la ville
La question du zonage qui divise Lakewood soulève un débat fondamental sur l’avenir de la ville. D’un côté, une partie des habitants et des observateurs considèrent qu’une augmentation de la densité est nécessaire pour rendre Lakewood plus dynamique et abordable. De l’autre, cette évolution est perçue comme une menace pour l’identité même de la ville, caractérisée par ses espaces verts et arborés, qui ont attiré de nombreux résidents.
Le projet de zonage proposé, qui réduirait considérablement la taille des parcelles résidentielles (jusqu’à 1 500 pieds carrés, soit environ 139 mètres carrés), mettrait en opposition la demande de logements abordables et le souhait de résidents actuels de conserver des terrains plus spacieux. Ce changement radical crée une situation délicate où les propriétaires actuels pourraient voir la valeur et la nature des propriétés adjacentes modifiées sans leur consentement.
En outre, aucune garantie d’abordabilité n’est assurée une fois que les promoteurs immobiliers sont impliqués. La ville de Lakewood n’a pas non plus rendu public le nombre d’unités abordables effectivement construites, malgré des demandes répétées lors des réunions du conseil municipal.
Les conséquences sur les infrastructures – augmentation de la demande en eau, en assainissement et sur les réseaux routiers – n’ont pas été pleinement prises en compte dans les projections de densification, comme en témoignent déjà les embouteillages sur Wadsworth Boulevard.
On nous assure que la transition sera progressive, sans déferlement de bulldozers le 1er janvier. Cependant, cela rappelle l’histoire de la grenouille qui ne réalise pas qu’elle cuit à petit feu dans une casserole dont la température augmente graduellement.
— C. Greenman, Lakewood