Publié le 8 février 2026 à 11h33. Le Super Bowl, événement sportif annuel majeur aux États-Unis, est cette année le théâtre de tensions politiques et culturelles, notamment en raison de la participation de l’artiste portoricain Bad Bunny à la mi-temps.
- Le Super Bowl, finale du championnat de football américain, oppose cette année les New England Patriots aux Seattle Seahawks.
- La performance de Bad Bunny à la mi-temps suscite des réactions contrastées, allant de l’enthousiasme à la critique, reflétant les débats sur l’immigration et l’identité américaine.
- L’artiste a utilisé sa plateforme pour dénoncer les politiques d’immigration controversées, notamment celles de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement).
À quelques heures du coup d’envoi du Super Bowl, l’attention se porte autant sur le match que sur le spectacle de la mi-temps. Bad Bunny, de son vrai nom Benito Antonio Martínez, est devenu un symbole de fierté pour la communauté latino-américaine, mais aussi une cible pour les conservateurs qui remettent en question son « americanité ».
La présence de l’artiste portoricain a ravivé les tensions autour de la politique d’immigration américaine. Lors de la cérémonie des Grammy Awards, Bad Bunny avait publiquement critiqué les actions de l’administration Trump, lançant un message clair : « A bas l’ICE ».
« Il montre que vous devez poursuivre votre rêve, même si vous ne parlez pas parfaitement anglais ou si les gens n’aiment pas votre présence. »
Valérie Colon, étudiante
Cette prise de position a suscité des réactions virulentes de la part de certains, notamment au sein de Turning Point USA, une organisation conservatrice qui a annoncé l’organisation d’un contre-spectacle intitulé « Tout américain », avec l’artiste Kid Rock comme tête d’affiche. « Nous amenons la guerre culturelle américaine sur la scène principale », a déclaré l’organisation le mois dernier. « Pas de bêtises réveillées. Seule la vérité. Seulement la liberté. Seulement l’Amérique. »
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a initialement déclaré que les autorités de l’immigration seraient « partout » lors de l’événement, une déclaration qui a ensuite été nuancée, mais qui a alimenté les inquiétudes des militants et des habitants. Plusieurs manifestations anti-ICE sont prévues autour du stade de Santa Clara ce week-end.
Bad Bunny lui-même avait envisagé de ne pas faire de tournée aux États-Unis avec son dernier album, craignant que ses fans ne soient arrêtés lors de contrôles d’immigration. Son œuvre, souvent engagée, aborde des thèmes tels que le colonialisme, le machisme et la fierté nationale, et a valu à l’artiste un Grammy Award pour le meilleur album de l’année.
La complexité de la relation entre Porto Rico et les États-Unis est également au cœur des débats. Porto Rico est un territoire américain dont les habitants sont citoyens américains, mais ne bénéficient pas d’une pleine représentation politique à Washington. Cette situation est souvent évoquée dans les chansons de Bad Bunny, qui dénonce les inégalités et les injustices subies par la population portoricaine.
Un joueur anonyme de la NFL a déclaré à The Athletic que l’artiste de la mi-temps « doit toujours être un Américain », une déclaration qui a suscité la polémique compte tenu du statut de Porto Rico.