Après des négociations ardues, un accord a été trouvé pour les salariés du secteur public des Länder allemands, prévoyant des augmentations de salaire échelonnées sur 27 mois et une harmonisation des conditions de travail entre l’Est et l’Ouest du pays.
Les employés concernés bénéficieront d’une augmentation salariale totale de 5,8 % en trois étapes, a annoncé le syndicat ver.di. Les salariés débutants verront leur rémunération augmenter d’un montant forfaitaire de 150 euros. L’accord comprend également l’alignement des conditions de travail dans les hôpitaux universitaires de l’Est (Rostock, Greifswald et Iéna) sur celles de l’Ouest, notamment en matière de protection contre le licenciement et de réduction du temps de travail.
« Le résultat tarifaire est un juste compromis », a déclaré Danyal Bayaz, ministre des Finances du Bade-Wurtemberg (Verts). « Il exprime la reconnaissance envers les employés de la fonction publique. Ils accomplissent un travail précieux pour le grand public et donc pour nous tous. »
Selon le ministère des Finances du Bade-Wurtemberg, ce compromis permettra de garantir l’attractivité de la fonction publique. Il s’appliquera également aux fonctionnaires et aux juges. Le coût de cette convention collective est estimé à environ 3,6 milliards d’euros sur le budget de l’État pour les années 2026 à 2028. Le gouvernement du Land a déjà prévu des provisions dans son budget actuel pour l’année en cours, le financement restant à être assuré par les budgets futurs, ce qui pourrait limiter sa flexibilité financière.
Dans le Bade-Wurtemberg, environ 84 000 salariés conventionnés collectivement seront directement concernés par cet accord, ainsi que 194 000 fonctionnaires et 154 000 retraités.
Frank Werneke, président et négociateur de ver.di, a souligné la difficulté des négociations : « Les négociations avec les Länder ont été plus difficiles qu’elles ne l’avaient été depuis longtemps. »
Andreas Dressel, sénateur des Finances de Hambourg (SPD) et négociateur pour l’association patronale des Länder allemands (TdL), a estimé que le compromis était à la limite du possible, mais qu’il offrait une sécurité de planification sur trois exercices budgétaires jusqu’en 2028.
Maike Schollenberger, directrice du district ver.di du Bade-Wurtemberg, s’est réjouie de l’accord : « C’est une bonne chose que, malgré des vents contraires massifs, nous ayons pu obtenir des augmentations de salaires réelles et un montant minimum et, surtout, suivre le rythme de l’évolution des revenus dans les communes. Et à tous ceux qui se posent la question de la répartition, surtout d’en haut, le message est clair : pas avec nous. »
La convention collective entrera en vigueur jusqu’au 31 janvier 2028, mettant fin aux menaces de grèves d’avertissement et de grève illimitée.