Publié le 9 février 2024 17h00. Le nouveau film du réalisateur mexicain Joaquín del Paso, Le jardin dont nous rêvions, explore avec sensibilité le parcours d’une famille haïtienne en quête d’un nouveau départ au Mexique, confrontée aux défis de l’exil et de la fragilité de l’environnement.
- Le jardin dont nous rêvions sera présenté en première mondiale le 13 février au Festival international du film de Berlin, dans le cadre du Programme panoramique.
- Le film met en scène Néhémie Bastien, Faustin Pierre, Kimaëlle Holly Preville, Ruth Aicha Pierre Nelson et Carlos Esquivel.
- L’œuvre aborde les thèmes de la migration, de la résilience et de la relation entre l’homme et la nature, à travers l’histoire d’une famille s’installant dans une forêt mexicaine menacée par l’exploitation illégale.
Le troisième long métrage de Joaquín del Paso (Le trou dans la clôture, Machines panaméricaines) offre une réflexion poétique sur la quête d’un avenir meilleur et la construction d’un foyer dans un contexte précaire. Le jardin dont nous rêvions suit Esther et Junior, ainsi que leurs filles, Flor et Aisha, qui tentent de trouver un refuge dans une forêt isolée du centre du Mexique. Ils espèrent y bâtir une vie nouvelle, loin des difficultés qu’ils ont connues.
Le film se déroule dans une région où l’exploitation forestière illégale pèse sur la vie des habitants et sur l’écosystème fragile qui les entoure. La famille y est entourée par le spectacle saisissant de millions de papillons monarques migrateurs, un symbole de voyage et de transformation. Alors que Junior est hanté par son passé, Esther devient le pilier de la famille, cultivant des moments de paix et de tendresse face à un environnement qui se dégrade.
La cinématographie, signée Gökhan Tiryaki (Il était une fois en Anatolie), capture la beauté et la vulnérabilité de cette forêt de sapins. Le montage est assuré par Raúl Barreras. La production est assurée par Amondo Cine et Cárcava Cine, tandis que Les films Pimienta de Nicolas Celis, le producteur de Roma, en assurera la distribution au Mexique. Les ventes internationales sont gérées par m-appeal.
Joaquín del Paso a également produit le film de Natalia López, Robe de gemmes, qui a reçu l’Ours d’Argent à Berlin en 2022, ainsi que deux films primés à Locarno : Chien d’amour de Bianca Lucas et Sermon au poisson d’Hilal Baydarov.
Le réalisateur explique que son film est une étude sur deux types de migrations : celle des papillons monarques, qui parcourent chaque année le continent nord-américain à la recherche de chaleur, et celle des êtres humains, qui fuient l’Amérique centrale pour chercher stabilité et opportunités au Mexique.
« Ils se rencontrent dans une forêt de plus en plus démantelée par l’exploitation forestière illégale et les forces qui en profitent. La relation entre les deux crée un miroir et une métaphore – un paysage défini à la fois par le danger et par un espoir fragile. »
Joaquín del Paso, réalisateur
Del Paso ajoute :
« Vivant dans le centre du Mexique, j’ai été témoin de la disparition silencieuse d’arbres centenaires parallèlement à l’arrivée de familles haïtiennes cherchant à reconstruire leur vie. Cette réalité m’a amené à réorienter ma création, m’éloignant du ton satirique de mes films précédents vers une approche plus intime et humaine. À travers le voyage de Junior et Esther, j’explore la tension entre les blessures passées et la recherche de stabilité. Si le récit touche à l’invisibilité sociale, il reste enraciné dans la chaleur de la cellule familiale. »
Joaquín del Paso, réalisateur
Il conclut :
« Je crois que même dans les conditions les plus précaires, l’esprit humain recherche la luminosité. Au-delà des problèmes thématiques de notre époque, j’ai voulu capturer les moments de jeu, la tendresse entre parents et enfants, et les petits actes de résilience qui constituent une vie. Je veux que le film soit un véhicule d’empathie, une invitation à nous voir dans « l’autre ». En me concentrant sur la lumière qui persiste dans l’ombre de la forêt, j’espère montrer que la plus grande force de l’humanité réside dans notre capacité à prendre soin les uns des autres lorsque le monde qui nous entoure semble s’effondrer. »
Joaquín del Paso, réalisateur
The Hollywood Reporter propose un aperçu exclusif de Le jardin dont nous rêvions.