Publié le 2025-11-04 11:49:00. Internet a partiellement retrouvé sa connexion en Tanzanie suite à une coupure généralisée survenue après des élections présidentielles contestées, marquées par des violences. Cependant, l’accès aux réseaux sociaux et aux plateformes de messagerie demeure sévèrement restreint.
- La connectivité Internet a été rétablie en Tanzanie après avoir été interrompue à partir du jour des élections présidentielles contestées.
- Des restrictions importantes persistent sur l’accès aux réseaux sociaux et aux applications de messagerie.
- La coupure d’Internet a entraîné la diffusion de fausses informations, notamment d’anciennes vidéos présentées comme de récents événements.
La Tanzanie a vu le retour de la connexion Internet, après une interruption totale qui a débuté le jour de la réélection contestée de la présidente Samia Suluhu Hassan. Selon l’organisation de surveillance NetBlocks, la connectivité avait été désactivée par le gouvernement tanzanien le jour du scrutin, dans un contexte de manifestations et de violences qui auraient fait des centaines de victimes. L’organisation a confirmé hier le rétablissement de la connexion, tout en soulignant que des limitations significatives demeurent concernant l’accès aux réseaux sociaux et aux plateformes de messagerie.
« Internet est un droit numérique fondamental, essentiel à la transparence et à la participation citoyenne lors des élections », a déclaré à BBC Verify Isik Mater, directrice de recherche chez NetBlocks. Elle a ajouté que ces restrictions « limitent l’accès à l’information à un moment critique ». La fermeture du réseau a également eu pour conséquence la propagation de désinformation. Des vidéos anciennes, provenant d’autres contextes géographiques, ont été diffusées comme s’appliquant aux récents troubles en Tanzanie. Par exemple, une vidéo de soldats bloquant une rue, présentée comme tanzanienne, s’est avérée identique à des images partagées lors de manifestations à Madagascar en octobre dernier. De même, une autre vidéo montrant des centaines de manifestants a été identifiée comme provenant de Port-au-Prince, en Haïti, datant de 2019, un panneau d’un ministère haïtien étant visible en arrière-plan.

Cette vidéo, prétendument à tort provenir de Tanzanie, a été tournée à Port-au-Prince, la capitale haïtienne, et partagée en 2019.