Publié le 17 février 2024 à 14h49. Le yen japonais a connu un rebond mardi, porté par les anticipations d’une politique budgétaire expansionniste, tandis que le dollar américain a légèrement gagné du terrain face à l’euro dans l’attente de nouvelles indications de la Réserve fédérale sur ses futures décisions de taux d’intérêt.
- Le yen s’est renforcé de 0,50 % face au dollar, atteignant 152,80 yens pour 1 dollar, après une baisse la veille.
- Le dollar a progressé légèrement face à l’euro, dans un contexte d’attente concernant les taux d’intérêt américains.
- Les marchés anticipent un possible retour des investissements vers les actifs japonais, mais certains analystes restent prudents quant à la rapidité de ce mouvement.
Le yen japonais a inversé la tendance baissière observée lundi, bénéficiant des espoirs suscités par Sanae Takaichi, la future Première ministre, et sa promesse de maintenir une politique budgétaire expansionniste. Cette perspective a rassuré les investisseurs, qui anticipent un soutien continu à la monnaie japonaise.
Parallèlement, le dollar américain a enregistré une légère appréciation face à l’euro au cours des deux dernières séances. Les marchés sont particulièrement attentifs aux signaux que pourrait envoyer la Réserve fédérale (Fed) concernant le calendrier potentiel d’une baisse des taux d’intérêt. Les investisseurs attendent avec impatience la publication du compte rendu de la dernière réunion de la Fed et les premières estimations du produit intérieur brut (PIB) américain, qui devraient fournir des indications précieuses sur l’orientation de la politique monétaire américaine.
À la veille des élections générales japonaises du 8 février, les rendements obligataires à long terme avaient augmenté et le yen avait chuté, les marchés anticipant que Sanae Takaichi, en cas de victoire, lancerait de nouveaux plans de relance budgétaire. Ces plans étaient perçus comme susceptibles de stimuler l’inflation. Depuis les élections, la situation a évolué : la courbe des rendements obligataires s’est aplatie, l’inflation a semblé se stabiliser et le yen s’est renforcé. Les marchés anticipent désormais un retour des flux de capitaux vers les actifs japonais et une sortie progressive de l’ère des taux d’intérêt réels négatifs qui a caractérisé le Japon pendant de nombreuses années.
Cependant, certains analystes mettent en garde contre un optimisme excessif. Ils estiment que la réaction des marchés pourrait être prématurée, soulignant que le rapatriement des fonds vers le Japon est peu probable à court terme et que la Banque du Japon (BoJ) ne relèvera probablement les taux d’intérêt que de manière progressive.
Le yen a augmenté de 0,52 % face à l’euro, atteignant 180,97 yens pour 1 euro, après une baisse de 0,37 % la veille. Les flux financiers vers le marché boursier japonais, en pleine expansion, devraient continuer à soutenir la monnaie. Toutefois, l’indice Nikkei a connu une baisse mardi, les investisseurs prenant leurs bénéfices après l’euphorie post-électorale.
Selon Barclays, la juste valeur du yen se situe autour de 140 yens pour 1 dollar, un niveau qui prévalait avant la victoire de Sanae Takaichi à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD) en octobre dernier, victoire qui a ouvert la voie à son accession au poste de Première ministre. La banque estime que, même si la « prime Takaichi » ne disparaît pas complètement, un objectif à court terme de 150 yens pour 1 dollar est probable.
La chute du yen lundi a été attribuée à des données indiquant une croissance économique japonaise modeste au quatrième trimestre.
Le dollar attend les données et les minutes de la Réserve fédérale
Les volumes d’échanges ont été relativement faibles en raison des vacances du Nouvel An lunaire dans de nombreux pays asiatiques et des vacances de la Fête des Présidents aux États-Unis.
« Nous sommes plutôt optimistes quant à l’économie américaine. Les marchés intègrent actuellement une forte probabilité d’une baisse des taux en juin, ce qui correspond également à notre estimation. Mais nous ne sommes pas du même avis que le marché et nous nous attendons à une nouvelle baisse en juillet. »
Christina Clifton, Stratège en chef des devises à la Commonwealth Bank of Australia, Sydney
L’indice du dollar, qui mesure la performance de la devise américaine par rapport à un panier de devises, a légèrement augmenté à 97,12 après des gains de 0,2 % lors de la séance précédente, tandis que l’euro a chuté de 0,05 % à 1,1843 $. Les données publiées vendredi ont montré que les prix à la consommation aux États-Unis ont augmenté moins que prévu en janvier, offrant à la Réserve fédérale une plus grande flexibilité pour assouplir sa politique monétaire cette année. Les traders du marché monétaire anticipent une baisse d’environ 59 points de base des taux d’intérêt pour le reste de l’année.
La livre sterling a également baissé mardi après la publication de données révélant que le taux de chômage en Grande-Bretagne a atteint en décembre son plus haut niveau depuis cinq ans, accompagné d’un ralentissement de la croissance des salaires. Ces éléments pourraient renforcer les arguments en faveur d’une nouvelle baisse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre. La livre sterling a perdu 0,35 % pour atteindre 1,3582 $. Le dollar australien a également légèrement diminué, de 0,05 %, pour atteindre 0,7069 $.
Le procès-verbal de la dernière réunion de la Reserve Bank of Australia a indiqué que le conseil d’administration n’avait pas encore pris de décision concernant la nécessité d’augmenter davantage les taux d’intérêt, tout en soulignant que l’inflation restait supérieure à l’objectif fixé depuis trois ans.