Publié le 14 octobre 2025 17:43:00. Le maire de Varna, Blagomir Kotsev, actuellement détenu en Bulgarie, a adressé un message poignant au Comité européen des régions, dénonçant la répression politique et appelant à la solidarité européenne face aux atteintes à la démocratie.
- La détention du maire de Varna, Blagomir Kotsev, est dénoncée comme une attaque politique visant à museler les réformateurs en Bulgarie.
- Un message lu à Bruxelles par une conseillère municipale, Sofia Koleva, a suscité une vive émotion et un soutien unanime de la part des membres du Comité européen des régions.
- Kotsev affirme que la Bulgarie est confrontée à une crise où la répression politique risque de redevenir un outil de gouvernance, affectant toute l’Europe.
C’est dans des circonstances exceptionnelles que Blagomir Kotsev, maire de Varna et rapporteur au Comité européen des régions, s’est exprimé devant ses pairs. Privé de sa liberté depuis plus de trois mois, il a fait parvenir un message lu lors de la Semaine européenne des villes et des régions à Bruxelles, où il devait initialement intervenir. « Lorsque la démocratie est attaquée dans un État membre, elle est affaiblie dans toute l’Europe », a-t-il déclaré, soulignant la portée universelle de sa situation.
Le texte intégral de son allocution, lu par la conseillère municipale de Varna, Sofia Koleva, a provoqué une ovation debout de l’assemblée. François Decoster, président du Groupe Europe renouvelée au Comité européen des régions, a assuré le maire bulgare de leur soutien : « Son combat est notre combat ! Nous espérons revenir ici bientôt ». Le message de Blagomir Kotsev, adressé depuis sa cellule de prison, dénonce une enquête qu’il qualifie de « politiquement motivée », ouverte en juillet 2024. Il affirme que cette démarche fait suite à des réformes entreprises après sa victoire aux élections locales de novembre 2023, visant à lutter contre la corruption, les monopoles et à rétablir la justice dans les marchés publics. Ces efforts auraient suscité la résistance de ceux qui bénéficiaient d’un système corrompu.
Le maire de Varna décrit une « arrestation théâtrale » orchestrée par des dizaines d’agents du gouvernement, destinée à intimider non seulement lui, en tant que maire d’opposition, mais aussi le mouvement pour le changement en Bulgarie. Il déplore que des « fausses accusations » soient utilisées pour justifier sa détention, dénonçant des témoignages obtenus sous la pression ou contre des avantages personnels, et des tribunaux bulgares qui « continuent d’ignorer les faits et la présomption d’innocence ».
Blagomir Kotsev estime que son cas révèle une problématique plus large : « La Bulgarie vit dans un état de démocratie et de justice, membre de l’Union européenne, où la répression politique risque à nouveau de devenir un outil de gestion ». Il dénonce la pression, l’intimidation et l’emprisonnement subis par ceux qui s’opposent aux « réseaux de pouvoir profonds, aux intérêts oligarchiques et à leurs patrons politiques ». Les propositions de liberté en échange de loyauté, notamment envers des personnalités sanctionnées par la loi Magnitski pour corruption, sont pour lui le « symptôme d’une crise plus profonde ».
Malgré ces entraves, le Comité européen des régions a manifesté sa confiance en confiant à la délégation bulgare le rôle de rapporteur sur l’approche stratégique de l’UE dans la région de la mer Noire. Blagomir Kotsev y voit un acte de solidarité, un signe que « l’Europe voit au-delà des murs de la répression et de la vérité ». Il réaffirme sa conviction que la justice, les principes européens de justice et les droits de l’homme finiront par triompher de la manipulation et de la peur. « Quand ce jour viendra, les travaux visant à construire un Varna meilleur et une Bulgarie plus juste se poursuivront avec une force et une volonté collective renouvelées », assure-t-il, confirmant son attachement aux valeurs européennes et à une Bulgarie libre et démocratique depuis sa cellule.
Il lance un appel à ses collègues et aux citoyens européens : « Ne détournez pas le regard. Ce qui se passe en Bulgarie nous concerne tous. Nous croyons en la justice. Nous croyons en la vérité. Et nous pensons qu’ensemble, l’Europe ne permettra pas que l’emprisonnement politique revienne sur son territoire. » Il remercie ceux qui sont présents aux côtés des habitants de Varna et qui défendent la démocratie.