Publié le 24 octobre 2025. Le géant de la chimie BASF et le conglomérat chinois Sinopec ont scellé un accord historique, le premier du genre entre un acteur européen et chinois, visant à harmoniser le calcul de l’empreinte carbone de leurs produits. Cette alliance stratégique intervient alors que BASF traverse une période de tensions sur ses résultats opérationnels.
BASF et Sinopec ont franchi une étape majeure dans la standardisation environnementale du secteur chimique mondial. Pour la toute première fois, ces deux poids lourds de l’industrie ont convenu d’une méthodologie commune pour calculer l’empreinte carbone des produits (PCF – Product Carbon Footprint). Cet accord, certifié par le TÜV Rheinland, établit une référence inédite dans la coopération internationale sur les questions de durabilité.
- Cet accord établit un premier « pont de confiance » pour le calcul de l’empreinte carbone entre entreprises chimiques chinoises et internationales.
- Les deux méthodologies harmonisées sont conformes aux normes internationales ISO 14067:2018 et GB/T 24067-2024.
- Cette démarche pose une référence potentielle pour l’ensemble de l’industrie chimique mondiale en matière de transparence sur le CO2.
Cette avancée confère à BASF un avantage concurrentiel sur un marché de plus en plus axé sur la durabilité, permettant aux deux partenaires de fournir des données carbone transparentes avant que les concurrents ne parviennent à établir leurs propres normes.
Des résultats opérationnels sous pression
Malgré ce succès stratégique, la performance opérationnelle de BASF reste sous le coup de vents contraires. Au deuxième trimestre 2025, l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) avant éléments exceptionnels s’est établi à 1,8 milliard d’euros, contre 2,0 milliards d’euros sur la même période l’année précédente. Si la division Agricultural Solutions a enregistré une forte progression, les marges dans la chimie de base ont continué de peser sur le résultat global.
Face à cette conjoncture, BASF a revu à la baisse ses prévisions annuelles. Le groupe anticipe désormais un EBITDA compris entre 7,3 et 7,7 milliards d’euros, signalant que la transformation en cours nécessite encore du temps pour produire ses pleins effets.
Un portefeuille en pleine réorganisation
Parallèlement, le groupe poursuit activement sa stratégie « Winning Ways », axée sur la réorganisation de son portefeuille. La division technologies de surfaces, générant un chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros, fait l’objet d’une surveillance particulière, tandis que la division Agricultural Solutions prépare une potentielle introduction en bourse (IPO) à l’horizon 2027.
Les cessions d’actifs contribuent également à renforcer la structure financière de BASF. La vente de son activité brésilienne de peintures décoratives à Sherwin-Williams a ainsi permis de récolter 1,15 milliard d’euros. Ces fonds seront réinvestis dans de nouvelles opportunités de croissance tout en consolidant le bilan du groupe.
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