Le biopic musical, pari risqué à Hollywood : le cas Springsteen divise
Hollywood oscille entre triomphes spectaculaires et échecs cuisants lorsqu’il s’agit de porter à l’écran la vie des icônes musicales. Tandis que certains films cartonnent au box-office, d’autres peinent à convaincre, soulevant la question de la pertinence de ces œuvres dans le paysage cinématographique actuel. Le très attendu « Springsteen: Deliver Me from Nowhere », consacré au légendaire rocker Bruce Springsteen, s’inscrit dans cette dynamique incertaine.
Un démarrage prometteur, mais des doutes persistent
Avec une sortie prévue le 24 octobre, le film met en lumière une période charnière de la carrière de Springsteen, alors qu’il s’apprête à enregistrer l’album introspectif « Nebraska » en 1982. Jeremy Allen White incarne un jeune Springsteen à un moment de profonde réflexion artistique. Les premiers retours de la critique, cependant, tempèrent l’enthousiasme, le film affichant un score de 66 % de « frais » sur le site Rotten Tomatoes. Une prudence partagée, notamment par les critiques de Denver qui n’ont pas eu l’opportunité de visionner le film avant sa sortie officielle.
Alors que les prévisions initiales tablaient sur des recettes de 15 à 25 millions de dollars, alimentées par le statut d’icône planétaire de Springsteen, dont la renommée n’a jamais faibli, les estimations récentes de Variety ont revu ces chiffres à la baisse, les situant plutôt dans une fourchette de 10 millions de dollars. La concurrence, jugée peu relevée avec des films tels que « Regretting You » et le thriller horrifique « The Black Phone 2 », ne semble pas suffire à garantir le succès escompté.
Un portrait atypique qui déroute ?
« Deliver Me from Nowhere » s’éloigne du format classique du biopic musical pour explorer de manière plus ciblée une facette particulière de la vie et de l’œuvre de Springsteen. Le film aborde frontalement des thèmes tels que la dépression, un sujet loin d’être toujours facile à adapter pour le grand écran.
En outre, les prises de position politiques de la star, jugées « très à gauche », ont pu écorner son image auprès d’une partie de son public. Sa défense des prix de billets jugés exorbitants et ses critiques récurrentes envers Donald Trump, sans pour autant aborder les erreurs de son prédécesseur, pourraient avoir dissuadé certains spectateurs potentiels.
Si le biopic d’une légende du rock comme Springsteen devrait logiquement susciter un vif intérêt, même en dehors des cercles de récompenses, les indicateurs actuels suggèrent que le film pourrait quitter les salles obscures avant même la période de Thanksgiving. Un dénouement loin des envolées commerciales de succès comme « Bohemian Rhapsody » (694 millions de dollars à l’international), « Rocketman » (98 millions de dollars à l’international) ou encore « Bob Marley: One Love » (84 millions de dollars à l’international). L’heure est aux chiffres mitigés, voire décevants, pour des films comme « Back to Black » (44 millions de dollars à l’international) et « Whitney Houston: I Wanna Dance with Somebody » (36 millions de dollars à l’international), contrastant avec les succès passés. Le mystère plane encore quant à savoir si « Deliver Me from Nowhere » saura trouver son public.