Le Comité de politique monétaire (MPC) thaïlandais a opté pour le statu quo, maintenant son taux directeur à 1,50 %. Une décision qui témoigne d’une posture accommodante, mais qui souligne aussi la marge de manœuvre limitée de la banque centrale face à une économie en berne et à des conditions financières qui se resserrent, notamment pour les PME.
En dépit d’un environnement économique marqué par un ralentissement notable, le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque de Thaïlande a résolu, par une majorité de cinq voix contre deux, de maintenir son taux directeur inchangé à 1,50 %. Cette décision, saluée par les partisans d’une politique monétaire accommodante, n’a toutefois pas fait l’unanimité, deux membres ayant plaidé pour une baisse du taux à 1,25 % afin de soutenir davantage l’économie.
Le ralentissement de la croissance économique thaïlandaise est attribué en grande partie aux répercussions des tensions commerciales mondiales et des tarifs douaniers imposés par les États-Unis. Ces facteurs ont entraîné une révision à la baisse des prévisions d’inflation, la banque centrale anticipant désormais une inflation globale de 0 % pour l’année en cours. L’inflation devrait rester sous la cible de la banque centrale jusqu’en 2026, ne remontant que légèrement à 0,5 % sur un an cette année-là, principalement en raison de la baisse attendue des prix de l’énergie et des produits agricoles bruts. Cependant, le MPC n’estime pas que la Thaïlande soit entrée en déflation, s’appuyant sur la stabilité de l’inflation sous-jacente et des attentes d’inflation à long terme.
Les perspectives de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) pour le second semestre 2025 sont particulièrement sombres, avec une prévision de croissance inférieure à 2 % sur un an. Cette décélération s’explique majoritairement par la faiblesse du secteur des exportations, directement touché par les mesures tarifaires américaines, et par un ralentissement de la production industrielle, conséquence de perturbations temporaires. Les projections de croissance du PIB ont été légèrement revues à la baisse, passant de 2,3 % et 1,7 % respectivement pour 2025 et 2026 lors de la réunion de juin, à 2,2 % et 1,6 % pour ces mêmes années.
Le secteur du tourisme et la demande intérieure, déjà en phase de ralentissement, ont également pesé sur les prévisions. Le nombre d’arrivées de touristes étrangers est désormais attendu à 33 millions pour 2025, contre 35 millions prévus précédemment. De même, la croissance de la demande intérieure a été abaissée de 2,1 % à 1,7 % sur un an. Malgré ces révisions à la baisse, le MPC anticipe une amélioration progressive de ces deux moteurs de croissance, intégrant dans ses projections les mesures de relance économique gouvernementales prévues pour le quatrième trimestre.
Par ailleurs, les conditions financières en Thaïlande demeurent tendues, se traduisant par une légère contraction du crédit global. Les petites et moyennes entreprises (PME) sont particulièrement affectées, confrontées à une contraction des prêts, une détérioration de la qualité du crédit et une augmentation des créances douteuses. Les PME orientées vers l’exportation subissent de plein fouet la vigueur du baht et la faiblesse de leurs marges bénéficiaires, d’autant plus qu’elles ne couvrent généralement pas leurs risques de change. Le MPC souligne ainsi l’importance de maintenir une politique monétaire accommodante tout en gérant avec prudence le calendrier et l’efficacité des mesures, dans un contexte d’espace limité et d’incertitudes croissantes.