Publié le 2025-10-28 21:05:00. La Bourse de Santiago a franchi un nouveau cap historique mardi, enregistrant son cinquantième record de l’année dans un climat d’optimisme global. Cette performance est portée par les espoirs d’une détente des relations commerciales sino-américaines, une possible nouvelle baisse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine, et un contexte politique chilien favorable aux marchés.
- L’indice S&P IPSA a clôturé à 9 232,17 points, en hausse de 0,3%, marquant ainsi son 50ème sommet historique de 2025.
- Les actions de CAP (+2,8%), Entel (+2,2%) et Cencosud (+2%) ont mené cette progression.
- La victoire de Javier Milei en Argentine et les avancées diplomatiques sino-américaines influencent positivement les marchés régionaux.
La Bourse de Santiago a célébré mardi son cinquantième record de l’année 2025, atteignant les 9 232,17 points, soit une progression de 0,3%. Cet élan est alimenté par un optimisme généralisé, notamment l’espoir d’une réunion au sommet entre les présidents chinois et américain, ainsi que la perspective d’un nouvel assouplissement monétaire de la part de la Réserve fédérale américaine. Les élections chiliennes récentes, perçues comme favorables au monde des affaires, contribuent également à ce climat positif.
Parmi les valeurs phares du jour, CAP a gagné 2,8%, Entel 2,2% et Cencosud 2%. Cette dernière a bénéficié de sa meilleure séance depuis 2022, notamment grâce à des éléments liés à la situation économique en Argentine. L’indice S&P IPSA enchaîne ainsi quatre séances consécutives de hausse, portant son gain cumulé sur la période à 38% et clôturant son 50ème sommet historique de l’année.
Au cours des premières transactions de la semaine, l’indice chilien avait brièvement franchi la barre symbolique des 9 300 points, avant de reculer légèrement sous son dernier record de clôture. L’issue de l’élection présidentielle argentine, marquée par la victoire de Javier Milei, et l’apaisement des tensions commerciales entre Washington et Pékin ont joué un rôle significatif dans cette dynamique.
« Le facteur argentin a une influence, compte tenu de l’exposition de certaines entreprises chiliennes dans ce pays, et il est toujours positif d’avoir une économie voisine plus solide. À cela s’ajoute l’attente d’un éventuel changement politique au Chili vers un ton plus favorable aux marchés, susceptible de débloquer des investissements et de réduire la bureaucratie. Il ne semble pas que la performance récente de la bourse puisse être expliquée uniquement par des facteurs locaux. Au contraire, le Chili s’est aligné sur le reste de la région. »
José Miguel Matte, directeur commercial de MBI Inversiones
José Miguel Matte, directeur commercial de MBI Inversiones, souligne que l’influence argentine, couplée à une possible orientation plus pro-marché de la politique chilienne, explique en partie cette envolée. Il précise que la performance de la Bourse de Santiago s’inscrit dans un mouvement régional plus large.
« Aujourd’hui, l’IPSA se situe autour de 11,5 à 12 fois le ratio cours/bénéfice. Il y a donc eu effectivement une revalorisation, une reprise par rapport à ses plus bas, même s’il reste toujours en dessous des niveaux historiques. En ce sens, le premier constat est que le Chili, ces dernières années, a semblé très bon marché. Il ne s’agit pas d’un phénomène exclusivement local, mais d’un phénomène qui s’est généralement produit sur les marchés émergents, et en particulier en Amérique latine. Le Chili continue d’être une bourse qui se négocie avec une décote importante. »
José Miguel Matte, directeur commercial de MBI Inversiones
Il ajoute que si le marché chilien s’est redressé, il conserve une décote par rapport à ses niveaux historiques, un constat qui s’applique également à d’autres marchés émergents, notamment en Amérique latine. Le marché boursier chilien reste ainsi considéré comme relativement bon marché.
Sur les marchés internationaux, les principaux indices américains ont également montré une tendance haussière. Le Nasdaq a progressé de 0,8%, le Dow Jones de 0,3% et le S&P 500 de 0,2%. Contrairement à l’IPSA, les indices de Wall Street ont enchaîné les records ces dernières séances, le S&P 500 ayant atteint des niveaux sans précédent lors de trois de ses quatre dernières hausses.
L’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle (IA) continue de stimuler les marchés. Amazon a vu son cours grimper suite à l’annonce d’une restructuration prévoyant la suppression de 14 000 emplois, axée sur le développement de l’IA. De son côté, PayPal a annoncé un partenariat avec OpenAI pour intégrer son portefeuille numérique à ChatGPT. Les investisseurs attendent avec impatience les résultats des géants technologiques « Magnificent Seven » cette semaine.
Les publications des résultats financiers d’Alphabet, Microsoft et Meta sont attendues ce mercredi, suivies par celles d’Apple et d’Amazon jeudi. Nvidia sera le dernier membre du groupe « Magnificent Seven » à présenter ses comptes.
Parallèlement, la réunion de deux jours de la Réserve fédérale américaine a débuté mardi, la décision de politique monétaire étant attendue mercredi. Une baisse des taux directeurs de 25 points de base est anticipée, ainsi que des signaux suggérant un assouplissement monétaire plus marqué. Les marchés suivront avec attention les déclarations du président de la Fed, Jerome Powell, lors de sa conférence de presse.
« Le marché intègre un taux des fonds fédéraux inférieur à 3 %. Cela signifie un taux réel négatif si l’inflation ne diminue pas, car l’inflation a stagné à 3 %. Il me semble donc que le marché est peut-être trop optimiste. »
Kathy Jones, stratège en chef des titres à revenu fixe chez Charles Schwab
Kathy Jones, stratège chez Charles Schwab, exprime une certaine réserve quant à l’optimisme du marché, jugeant que des taux d’intérêt réels potentiellement négatifs pourraient être mal interprétés si l’inflation ne baisse pas davantage.
En Europe, le FTSE 100 de Londres a atteint un nouveau record avec une hausse de 0,4%, tandis que l’Euro Stoxx 50 continental a légèrement reculé de 0,1%. Après un début de semaine positif, les bourses asiatiques ont marqué une pause : le Nikkei japonais a perdu 0,6%, le CSI 300 chinois 0,5% et le Hang Seng de Hong Kong 0,3%.
La rencontre prévue jeudi entre Donald Trump et Xi Jinping dans le cadre du sommet de l’APEC en Corée du Sud suscite également l’attention. Un accord préliminaire, négocié ce week-end, pourrait être finalisé, portant sur des sujets tels que le commerce des terres rares, les importations de soja américain par la Chine et le trafic de fentanyl.
Donald Trump s’est par ailleurs entretenu mardi à Tokyo avec la nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, pour discuter de commerce et de sécurité. Le président américain a salué les intentions du Japon d’accroître ses dépenses de défense et les accords conclus sur le commerce et les minéraux essentiels.