Publié le 21 février 2026 15:46:00. Face à une recrudescence des agressions verbales et physiques, l’entreprise de soins Tzorg va équiper ses coordinateurs de soins d’un bouton d’alarme d’ici l’été, une mesure qui pourrait être étendue à l’ensemble du personnel à domicile.
- Un bouton d’alarme sera déployé pour les 130 coordinateurs de soins de Tzorg d’ici l’été.
- Près d’un quart des coordinateurs de soins de Tzorg ont subi des agressions lors de visites à domicile au cours des six derniers mois.
- Le personnel de Tzorg, qui opère dans 310 communes néerlandaises, est de plus en plus confronté à des situations de violence et à des problématiques sociales complexes.
L’entreprise Tzorg prend des mesures pour assurer la sécurité de son personnel lors de visites à domicile. René Akkermans, directeur des soins chez Tzorg, annonce que les 130 coordinateurs de soins de l’entreprise se verront attribuer un bouton d’alarme d’ici l’été. Cette initiative intervient en réponse à une augmentation inquiétante des incidents signalés par les équipes sur le terrain.
Selon les données de Statistics Nederland, 57 % des employés du secteur de la santé et de l’assistance sociale ont déclaré avoir été victimes d’agressions de la part de clients ou de leurs proches en 2024. Chez Tzorg, les chiffres sont également préoccupants : 24 % des coordinateurs de soins ont été confrontés à des agressions lors de visites à domicile au cours des six derniers mois, et près de la moitié d’entre eux ont subi ce type d’incident à plusieurs reprises.
Les coordinateurs de soins sont souvent les premiers contacts avec les patients à domicile. Ils sont chargés d’évaluer les besoins en matière de soins et de mettre en place un plan d’assistance adapté. Cependant, ces visites peuvent s’avérer dangereuses.
« Les recherches menées auprès de nos employés démontrent que la majorité des coordinateurs de soins se sentent parfois en danger ou mal à l’aise lorsqu’ils parlent au client de la quantité et du type de soins. Parfois, la porte est verrouillée directement derrière eux, un client est très impoli, complètement confus, en colère ou toxicomane. »
René Akkermans, directeur des soins, Tzorg
Nicole Meijer, coordinatrice de soins chez Tzorg depuis 15 ans, témoigne de la détérioration des conditions de travail.
« Nous voyons de plus en plus de personnes souffrant de problèmes de santé mentale. Les gens n’ont pas honte et ont de grandes attentes. J’ai rencontré des clients qui ouvraient la porte nus et je suis entrée dans des maisons complètement sales. Un collègue a parfois vu une arme posée avec quelqu’un. Si cette arme est réelle ou si quelqu’un a des problèmes mentaux, c’est très dangereux. »
Nicole Meijer, coordinatrice de soins, Tzorg
L’agression la plus fréquente reste verbale, mais la menace physique est bien réelle. Nicole Meijer se dit « une fervente partisane » du bouton d’urgence, estimant qu’il apporterait une sécurité supplémentaire.
« Je me sentirais beaucoup plus à l’aise avec cela. J’appelle souvent mes collègues, mais ils ne comptent pas toujours sur moi pour les contacter. Quand s’en apercevraient-ils si je n’appelle pas ? Je pense qu’il est plus sûr de pouvoir envoyer un signal directement via le bouton d’urgence. »
Nicole Meijer, coordinatrice de soins, Tzorg
Pour l’heure, Tzorg lance un projet pilote auprès d’une dizaine de coordinateurs de soins. René Akkermans précise qu’il ne s’agit pas de déterminer si un bouton d’alarme est nécessaire, mais plutôt de tester son fonctionnement dans la pratique. L’entreprise envisage ensuite d’étendre cette mesure aux surveillants et aux aides à domicile, qui sont également exposés à des risques. Tzorg est présente dans 310 des 342 communes des Pays-Bas et emploie plus de 13 000 aides à domicile. En 2025, 2 377 aides à domicile ont déclaré ne pas se sentir en sécurité au travail, un chiffre en augmentation (273 cas en janvier 2026).