Home Économie Braquage au Crédit Agricole : le suspect pourra-t-il être jugé ?

Braquage au Crédit Agricole : le suspect pourra-t-il être jugé ?

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Publié le 22 février 2026 05:28:00. Un homme de 27 ans, interpellé après un braquage à Carcassonne, verra son jugement reporté au 13 avril en raison de l’absence d’expertise psychiatrique, soulevant des questions sur son état mental et la pertinence de sa détention provisoire.

L’affaire a été renvoyée au 13 avril par le tribunal de Carcassonne. Ayoube, 27 ans, était initialement attendu devant les juges le 19 février pour répondre de chefs d’extorsion avec arme blanche, de rébellion et d’outrage à des agents de la force publique.

Les faits se sont déroulés le 30 janvier vers 21 heures. Un homme chargé de transporter des documents bancaires destinés à être détruits a été attaqué dans le sas de l’agence du Crédit Agricole, située avenue Franklin-Roosevelt. L’agresseur, dissimulant son visage et armé d’un couteau, a dérobé la sacoche de sa victime en tentant de lui porter deux coups de couteau. Il s’est ensuite enfui à bord du véhicule de service de l’employé avant de revenir sur les lieux peu après, où il a été interpellé par la police. L’interpellation s’est avérée difficile, le suspect opposant une violente résistance et proférant des insultes envers les forces de l’ordre :

« Bande de bâtards, fils de pute… »

Ayoube, lors de son interpellation

L’usage d’un pistolet à impulsion électrique a été nécessaire pour le maîtriser.

Placé en détention provisoire le 1er février, Ayoube vit encore chez ses parents à Pezens. Il est sans emploi, sans enfant et bénéficie de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) en raison de troubles psychiques nécessitant un suivi psychiatrique mensuel et un traitement médicamenteux. Son casier judiciaire est vierge.

La victime du braquage, présente à l’audience, a exprimé son incompréhension et son désarroi.

« Avec ma femme, nous avons trois enfants dont deux handicapés, avec un qui souffre d’un autisme sévère. Nous vivons désormais dans un logement social, car on a dû arrêter nos activités respectives pour s’occuper d’eux. On avait trouvé ce petit job pour arrondir les fins de mois, et ce soir-là j’avais repris la tournée de ma femme. C’est elle qui aurait dû être à ma place ! Là, j’ai une haine incommensurable. Ce qui m’est arrivé, je ne le souhaite à personne ! »

La victime du braquage

Le ministère public a requis le maintien en détention du prévenu. La défense, assurée par Maître Sébastien Leguay, a critiqué un « sacré couac dans l’enquête », soulignant qu’il est généralement la défense qui sollicite une expertise psychiatrique. Il a également mis en question le fait qu’aucune demande n’ait été faite pour recueillir des informations auprès des services de suivi psychologique d’Ayoube à Badens, et que la demande d’expertise ait été adressée à un psychiatre de Perpignan sans tenir compte de l’incapacité du prévenu à se déplacer en raison de sa détention.

« Le cadre de la détention n’est pas adapté pour ce type fragilisé psychologiquement. Soit on considère sa pleine et entière lucidité. Ou alors on apprécie l’altération de son discernement, et là le débat est tout autre ! Je suis aujourd’hui victime de ce cadre procédural là, et je trouve ça véritablement dommageable ! »

Maître Sébastien Leguay, avocat de la défense

Le tribunal a ordonné le maintien en détention d’Ayoube jusqu’à la date du prochain jugement, fixée au 13 avril.

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