Publié le 2024-02-29 10:00:00. La nouvelle production de Séduction, basée sur l’affaire d’escroquerie impliquant Helg Sgarbi et Susanne Klatten, peine à convaincre malgré le talent de son auteur, Lukas Bärfuss, et de son metteur en scène, Gian Manuel Rau.
L’attente était grande pour Séduction, la nouvelle pièce de Lukas Bärfuss mise en scène par Gian Manuel Rau. Pourtant, la production, actuellement jouée, ne parvient pas à captiver le public, contrastant avec la réussite de leur précédente collaboration sur Le Voyage d’Alice en Suisse, présentée il y a dix ans au Théâtre du Grütli à Genève. Cette précédente œuvre explorait avec finesse la psyché d’une femme confrontée à une maladie incurable et choisissant de mourir en Suisse, suscitant alors l’éloge de la direction d’acteurs de Rau.
La pièce s’inspire de l’histoire réelle d’Helg Sgarbi, un escroc et gigolo qui, en 2007, a réussi à soutirer 7 millions d’euros (environ 7,5 millions de dollars américains) à Susanne Klatten, héritière du groupe BMW. Le sujet, riche en potentiel dramatique, explore la vulnérabilité humaine et le besoin de croire, même face à la manipulation. Bärfuss s’est plongé dans l’affaire Sgarbi pour interroger notre propension à nous faire duper.
Si le sujet s’y prête, la pièce ne parvient pas à décoller. L’interprétation, bien que solide, ne semble pas suffire à insuffler la vie au récit. Vincent Bonillo incarne Hauke Born, l’escroc incarcéré à la prison de Landsberg en Bavière – un établissement tristement célèbre pour avoir également accueilli Adolf Hitler en 1924. Alexandra Marcos interprète Tania, la psychologue, et Agathe Hauser se glisse dans la peau de Sonja, la fille présumée de Hauke. Les acteurs s’investissent, mais le spectacle manque de l’étincelle qui avait caractérisé leurs travaux précédents.
Il est difficile de déterminer précisément les raisons de ce manque d’impact. La traduction de Mathilde Sobottke ne semble pas en cause, mais l’ensemble de la production peine à trouver son rythme et à susciter l’émotion attendue.