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Budget pour l’Enseignement supérieur et la Recherche 2026 : la dégringolade continue

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Publié le 2025-10-21 19:29:00. Le gouvernement a dévoilé son projet de loi de finances 2026 et celui de la sécurité sociale, suscitant une vive inquiétude de la part des syndicats SUD éducation et SUD Recherche. Ces textes, qualifiés d’« austéritaires » par les organisations, s’annoncent lourds de conséquences pour les salariés, les agents publics, les plus précaires, les malades, et particulièrement pour l’enseignement supérieur et la recherche.

  • Une enveloppe globale de 600 millions d’euros pour l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) est présentée comme une augmentation, mais elle est principalement fléchée vers les programmes militaires, industriels et spatiaux.
  • Les budgets dédiés aux formations universitaires, à la vie étudiante et à la recherche scientifique pluridisciplinaire n’augmentent que de 175 millions d’euros, soit une hausse de 0,64% qui, face à l’inflation, représente une baisse en euros constants.
  • Le budget étudiant accuse une diminution de 25,6 millions d’euros, aggravant la précarité des étudiants, tandis que près de 300 000 étudiants étrangers seraient privés d’APL (aide personnalisée au logement).

Les syndicats SUD éducation et SUD Recherche dénoncent un budget qui « tourne le dos à une urgente et indispensable justice fiscale, sociale et environnementale », accentuant les inégalités, les injustices et la pauvreté. Ils ont d’ailleurs exprimé leurs désaccords politiques majeurs avec le ministre Philippe Baptiste concernant les orientations libérales du gouvernement et ses choix budgétaires.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est particulièrement visé. Si la communication officielle met en avant 600 millions d’euros supplémentaires pour l’ensemble de la mission interministérielle de l’ESR, les syndicats soulignent que cet argent est majoritairement destiné aux programmes à vocation militaire, industrielle et spatiale. Pour les programmes propres au ministère, tels que les « Formations supérieures et recherches universitaires », « Vie étudiante » et « Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires », la hausse réelle est de 175 millions d’euros, soit à peine 0,64%. Compte tenu d’une inflation anticipée à 1,3% pour 2026, cela équivaut à une diminution du budget en valeur réelle. De plus, le coût de mesures annoncées, comme l’augmentation du prélèvement sur le Compte d’affection spécial Pension, n’est que partiellement couvert. Les 44 millions d’euros annoncés pour les recherches scientifiques, qui concernent notamment les Établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST), suffiraient à peine à couvrir le coût de cette mesure pour le seul CNRS. Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche devront donc puiser dans leurs fonds de roulement pour financer les mesures relatives aux ressources humaines prévues par la loi de programmation de la recherche.

Pour les étudiants, le projet de loi de finances 2026 est synonyme d’aggravation de la précarité. Une baisse de 25,6 millions d’euros dans les crédits dédiés aux étudiants est interprétée comme un choix délibéré d’une précarité généralisée, poussant les jeunes vers les banques alimentaires, devenues une réalité courante sur les campus. Par ailleurs, la suppression de l’APL pour près de 300 000 étudiants étrangers est perçue comme une mesure de « préférence nationale » risquant d’entraîner une paupérisation massive et des difficultés d’accès au logement.

SUD éducation et SUD Recherche rappellent que l’an dernier, près de 80% des universités étaient en déficit, entraînant suppressions de postes et dégradation des conditions de travail et de formation. Ils pointent du doigt les 8 milliards d’euros de crédit d’impôt recherche (CIR) accordés chaque année aux entreprises, « quasiment sans aucun contrôle et avec une efficacité sans cesse remise en cause », comme une réserve financière qui pourrait améliorer la situation de l’ESR.

Le syndicat critique également la future loi de « modernisation et régulation » de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Cette loi, à laquelle de nombreuses organisations syndicales se sont opposées, accorde une place prépondérante à l’enseignement supérieur privé en lui conférant un nouveau label d’État lui donnant des prérogatives similaires aux établissements publics, alors même que ces derniers manquent de financement. Elle prolonge aussi l’expérimentation des établissements publics expérimentaux sans véritable bilan des conséquences sur la représentation des personnels et des étudiants, ainsi que sur les conditions de travail et d’étude.

Enfin, la généralisation des contrats d’objectifs, de moyens et de performance (COMP) dès l’année prochaine est vue comme une autonomisation accrue des établissements et un désengagement de l’État, incitant ces derniers à développer leurs ressources propres. Cette politique favorise une gestion de l’enseignement universitaire et de la recherche par des objectifs de performance et une évaluation constante, alignant les formations sur les besoins économiques.

Face à ces orientations budgétaires et à ces attaques contre le personnel et les étudiants, alors que des milliards sont alloués au patronat et aux plus riches, SUD éducation et SUD Recherche appellent à la mobilisation. Ils invitent les personnels de l’ESR à maintenir la pression pour faire entendre leurs revendications par des actions dans les établissements et par l’organisation d’assemblées générales, dans l’unité et la grève.

« Pas d’économies sur nos vies ! »

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