Le duo créatif Bullyache, composé de Courtney Deyn et Jacob Samuel, présente au Sadler’s Wells East, à Londres, une pièce de danse-théâtre intitulée A Good Man Is Hard to Find. Cette œuvre visuellement marquante explore les thèmes du pouvoir, de l’excès et du rituel à travers une mise en scène sombre.
Le spectacle s’ouvre sur un tableau évoquant le lendemain d’une fête de bureau cauchemardesque : une immense table de conseil d’administration domine la scène, tandis qu’un homme gît nu au sol et qu’un autre a son pantalon de costume aux chevilles. Dans cet espace froid et vide, où un agent d’entretien nettoie des fluides corporels en chantant l’Ave Maria, se déploient des jeux de domination rappelant une version surréaliste et moins glamour de la série télévisée Industry.
La pièce opère un basculement soudain à mi-parcours pour se transformer en jeu télévisé. C’est à ce moment que l’identité des protagonistes est révélée : ces personnages sont les banquiers responsables de la crise financière mondiale de 2008. La scénographie, signée Tor Studio, souligne cette thématique avec un mur de verre brisé, comme si un camion l’avait traversé, symbolisant l’impact destructeur de ces acteurs sur l’économie mondiale.
L’œuvre puise son inspiration dans le Bohemian Club, une institution secrète de San Francisco où des hommes riches et puissants pratiquent divers rituels, notamment la « crémation des soucis » (cremation of care), permettant aux membres de se libérer de leurs préoccupations ou, selon la vision de Bullyache, de s’absoudre de leur culpabilité.
Bien que cette référence ne soit pas explicitement mentionnée durant la représentation, elle s’incarne dans un rituel évoquant Le Sacre du printemps. Accompagnée par la symphonie de chambre en do mineur de Chostakovitch, la chorégraphie mêle bonds classiques, mouvements latino-américains et danses folkloriques, le tout ponctué d’une imagerie quasi religieuse.