Le cinéaste roumain Cristian Mungiu a remporté la Palme d’Or avec son film Fjord, un sacre qui laisse toutefois un goût amer face à une édition du Festival de Cannes jugée décevante et marquée par l’absence des grandes stars hollywoodiennes.
Ce nouveau prix récompense un drame centré sur un couple poursuivi pour maltraitance d’enfants. Cependant, l’œuvre peine à convaincre et semble loin d’égaler la force du précédent succès de Cristian Mungiu, 4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours, qui avait également reçu la plus haute distinction du festival il y a près de vingt ans.
Le festival s’est déroulé cette année sous une pression palpable. Alors que les têtes d’affiche d’Hollywood ont brillé par leur absence, préférant rester aux États-Unis, les poids lourds du cinéma européen et asiatique n’ont pas davantage réussi à impressionner. Si ces auteurs étaient présents physiquement, la majorité de leurs films a été perçue comme très modérée, alimentant le scepticisme entourant le choix du jury pour la Palme d’Or.
Le film Fjord illustre d’ailleurs une stratégie courante chez certains réalisateurs européens établis : l’intégration d’un nom prestigieux du cinéma américain pour porter le récit. Sebastian Stan y incarne un ingénieur informatique roumain, religieux et grincheux. Pour ce rôle, l’acteur adopte un physique marqué par une calvitie naissante et est principalement mis en scène à travers des plans larges et austères.