Une romancière a puisé l’inspiration pour un récit de rébellion féminine après s’être rendue à Banishanta, une île bordel agréée par l’État située dans le sud du Bangladesh.
Au printemps 2024, l’auteure a enfin visité ce lieu qui hantait ses pensées. Elle y a découvert un paysage désolé, décrit comme une simple étendue de boue grise où s’alignent des huttes fragiles le long d’un rivage escarpé.
Cette visite fait suite à une première rencontre fortuite survenue treize ans plus tôt. Alors qu’elle voyageait vers la forêt de mangroves des Sundarbans, un guide lui avait indiqué l’existence de l’île, précisant qu’il s’agissait d’un établissement de prostitution sous licence d’État, présent depuis l’époque britannique.
Pendant longtemps, l’écrivaine a tenté d’occulter cette réalité pour éviter de confronter la souffrance des femmes qui y vivaient.
« Quand je suis rentrée chez moi, je ne voulais pas penser à Banishanta, car si je le faisais, je devais imaginer les choses terribles que les femmes y enduraient alors que je menais une vie de privilèges désinvoltes à des milliers de kilomètres de là. »
La romancière
Malgré sa résolution initiale de ne jamais écrire sur ce sujet, l’image de ces femmes est restée omniprésente dans son esprit. C’est finalement en transposant son récit sur une île fictive qu’elle a pu explorer la création d’un monde imaginaire où les femmes détiennent le pouvoir et organisent une insurrection.