Publié le 2025-11-05 14:35:00. Le Lyric Opera de Chicago rend hommage aux classiques avec une reprise acclamée de « Cavalleria rusticana » de Mascagni et « Pagliacci » de Leoncavallo, des productions fidèles qui résonnent avec des performances vocales exceptionnelles.
- La mise en scène d’Elijah Moshinsky, recréée par Peter McClintock, sublime les deux opéras avec des décors saisissants de Michael Yeargan et une lumière évocatrice de Duane Schuler.
- « Cavalleria rusticana » brille grâce aux débuts remarqués de Yulia Matochkina dans le rôle poignant de Santuzza et de SeokJong Baek dans celui, passionné, de Turiddu.
- « Pagliacci » séduit par la puissance vocale de Russell Thomas en Canio et l’interprétation mémorable de Quinn Kelsey dans le rôle complexe de Tonio.
Après avoir ouvert sa saison avec « Médée » de Cherubini, le Lyric Opera de Chicago propose une reprise particulièrement attendue de « Cavalleria rusticana » et « Pagliacci », des œuvres qui n’avaient pas été présentées sur scène depuis 2009. La double production, présentée pour la première fois au Lyric en 2002, offre une expérience lyrique qui, selon la critique, valait largement cette longue attente. La mise en scène originale d’Elijah Moshinsky, habilement recréée par le directeur de reprise Peter McClintock, met en valeur le travail du scénographe et costumier Michael Yeargan. La représentation naturaliste de la place de village sicilienne du XIXe siècle dans « Cavalleria rusticana » est qualifiée de « terre à terre et magnifiquement réalisée », baignée par la lumière chaude du soleil sicilien imaginée par Duane Schuler. Pour « Pagliacci », le décor a été transposé dans l’Italie d’après-guerre, une approche initialement jugée « un peu morne » mais qui, à l’arrivée de la troupe de clowns et leurs costumes éclatants, a révélé une dynamique fascinante entre « fantaisie d’évasion et dure réalité », renforçant ainsi la profondeur psychologique de l’œuvre.
« Cavalleria rusticana » a été particulièrement honorée par les débuts au sein de la troupe de la mezzo-soprano Yulia Matochkina, qui a livré une Santuzza déchirante avec une voix ample et résonnante. Le ténor SeokJong Baek, incarnant Turiddu, a impressionné par son ton ravissant et sa puissance vocale apparemment illimitée, interprétant le célèbre « Viva il vino spumeggiante » avec brio et transmettant une angoisse palpable dans la scène finale. Le baryton Quinn Kelsey a offert un Alfio empreint de confiance et d’une voix veloutée. Lauren Decker, contralto, a été accueillie avec plaisir pour son interprétation piquante de Mamma Lucia, tandis que Camille Robles a apporté une touche de légèreté à Lola.
Les satisfactions musicales se sont poursuivies avec « Pagliacci ». Quinn Kelsey a magistralement endossé le rôle du clown Tonio, livrant le célèbre « Prologue » avec une prestance vocale qui rappelle les grandes performances passées au Lyric. Russell Thomas a démontré un Canio puissant, interprété avec une grande justesse sans recourir aux exubérances parfois excessives. Gabriella Reyes s’est distinguée par une interprétation de Nedda pleine de brilliance, remplissant l’espace avec aisance et exécutant les trilles de la ballade avec une aisance espiègle. Le baryton Luke Sutliff a marqué ses débuts lyriques avec un Silvio excitant, dont le duo avec Reyes était chargé d’une tension érotique palpable. Daniel Luis Espinal a charmé dans le rôle de Beppe.
Le chœur, dirigé par Michael Black, a également mérité des félicitations particulières, notamment pour son splendide hymne de Pâques dans « Cavalleria rusticana ». Le directeur musical du Lyric, Enrique Mazzola, a guidé l’orchestre avec réactivité, offrant une interprétation idiomatique et rythmée des deux partitions.
« Cavalleria rusticana & Pagliacci » est à l’affiche jusqu’au 23 novembre au Lyric Opera House, 20 North Wacker (entrée sur Madison). Les billets et informations sont disponibles sur lyricopera.org.