Publié le 23 octobre 2025 07:53:00. La Maison Blanche a vu une partie de son aile Est être démolie pour faire place à une nouvelle salle de bal, suscitant des critiques virulentes de la part de défenseurs du patrimoine et d’opposants politiques, tandis que le président assure que le projet sera à la hauteur des attentes.
- Une partie de l’aile Est de la Maison Blanche a été démolie mercredi pour la construction d’une nouvelle salle de bal de 90 000 pieds carrés (environ 8 361 m²).
- Le président Donald Trump a défendu le projet, affirmant qu’il répondait à un besoin d’espace pour les réceptions officielles et promettant une structure luxueuse financée par des dons privés.
- Des voix critiques, dont celles d’anciens résidents de la Maison Blanche et d’organisations de préservation historique, ont dénoncé la destruction d’un bâtiment historique public.
La devise officieuse de l’administration Trump, « Avancez vite et cassez les choses », a pris tout son sens mercredi avec le début des travaux sur l’aile Est de la Maison Blanche. Les pelleteuses ont rapidement fait tomber une partie du mur extérieur, provoquant un choc et une consternation générale. L’opposition démocrate et les défenseurs de l’environnement ont vivement réagi à cette destruction, qualifiée par certains de profanation. Face à ces critiques, le président Trump a vanté les mérites du futur ouvrage : une salle de bal de 90 000 pieds carrés (environ 8 361 m²) ornée de lustres dorés et dotée d’un sol en marbre, promettant qu’elle justifierait cet effacement rapide d’une partie de l’histoire.
Lors d’une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le président Trump a brièvement évoqué les sanctions imminentes contre la Russie et le conflit en Ukraine. Cependant, son attention s’est vite portée sur son projet architectural. Il a présenté des plans et une maquette de la nouvelle structure, destinée à remplacer une aile Est jugée trop exiguë pour les événements présidentiels. L’ancienne aile ne pouvait accueillir que 79 personnes, obligeant à installer des tentes pour les grandes occasions, souvent sujettes aux intempéries. Donald Trump a ainsi exprimé son souhait de doter la Maison Blanche d’une salle de bal « de classe mondiale », à la hauteur de ses ambitions.
Initialement, le président avait assuré que le projet n’empiéterait pas sur le bâtiment existant et le respecterait. Cependant, les coûts de construction, estimés à 250 millions de dollars, ont semble-t-il prevalu. Le président Trump a affirmé que ce projet serait financé intégralement par des dons privés et par lui-même, garantissant qu’aucun denier public ne serait engagé. « J’adore ce son », s’est-il exclamé en référence aux bruits de chantier, y voyant une musique prometteuse de rentabilité. Pour beaucoup cependant, le spectacle de ce bâtiment historique, qui abritait la résidence traditionnelle de la Première Dame, réduit en gravats, a symbolisé la présidence de Donald Trump.
Des personnalités politiques, comme l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton, ont fermement dénoncé cette initiative : « Ce n’est pas sa maison. C’est votre maison. Et il la détruit », a-t-elle déclaré. Les appels à l’arrêt des travaux ont été lancés, notamment par le National Historic Preservation Trust auprès de la Commission de planification de la capitale nationale. Cette organisation a imploré la suspension immédiate du chantier afin de respecter les procédures d’examen public légalement requises, incluant les consultations avec la Commission de planification et la Commission des beaux-arts. Une démarche qui semble peu probable, le chantier étant déjà engagé dans une logique de fait accompli.
Pour Donald Trump, l’enjeu est également une question d’héritage. À l’approche du premier anniversaire de sa victoire électorale, il ne souhaite pas qu’un autre président inaugure une future salle de bal. Sa vision architecturale, il la veut associée à son nom, à la postérité. Il rappelle que d’autres présidents ont également modifié la Maison Blanche : Teddy Roosevelt a construit l’aile Ouest, William Taft a aménagé le Bureau Ovale, Harry Truman y a installé une piste de bowling, Lyndon Johnson une piscine et Barack Obama un terrain de basket. Cependant, la taille et la nature de la nouvelle salle de bal inquiètent quant à leur impact sur l’esthétique globale du bâtiment, monument historique national.
L’argument républicain met en avant la capacité financière de Donald Trump à léguer une telle amélioration à la Maison Blanche, y voyant une manière de célébrer les 250 ans de la République. « Ce sera l’un des meilleurs au monde. En fait, il n’y aura rien de tel », a promis le président, visiblement enthousiaste à l’idée d’accueillir des événements grandioses dans sa future salle de bal. Reste à voir comment l’histoire jugera cette audacieuse transformation.