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ce petit centre-ville tente de survivre face au commerce en ligne et aux grandes zones commerciales

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Publié le 15 février 2026 à 07h20. La petite ville de La Tour-du-Pin, dans l’Isère, comme beaucoup d’autres communes de taille moyenne, voit ses commerces de centre-ville disparaître, malgré des initiatives locales pour inverser la tendance.

  • Le nombre de commerces vacants à La Tour-du-Pin s’élève à 23, conséquence du départ de commerçants à la retraite et de difficultés à trouver des repreneurs.
  • Une étude des Échos révèle que les villes de moins de 25 000 habitants enregistrent un taux de locaux commerciaux inoccupés de 13,2 %, en hausse constante depuis 2019.
  • La municipalité a mis en place un poste de « manageuse de centre-ville » et s’appuie sur le programme « Petites villes de demain » pour dynamiser le commerce local.

La rue d’Italie, au cœur de La Tour-du-Pin, témoigne d’un regain d’activité timide. Dans une boutique de jeux et de cartes à collectionner, ouverte fin 2024, Julie accueille des clients venus de toute la région. « Ça se porte bien, on a une bonne clientèle qui vient régulièrement, raconte-t-elle. Nous avons des joueurs qui viennent faire des tournois, mais aussi des collectionneurs intéressés par notre large choix de cartes. »

Mais ce dynamisme ne suffit pas à masquer la réalité d’un centre-ville en perte de vitesse. De nombreux magasins ont définitivement fermé leurs portes ces dernières années, laissant derrière eux des rideaux baissés et des vitrines à l’abandon. Selon la mairie, 23 commerces sont actuellement vacants. « Ce sont souvent des personnes âgées qui sont parties et leurs commerces n’ont pas été repris, explique José Rodrigues, opticien et membre du groupement des entreprises du canton de La Tour. Après leur départ, il y avait des travaux d’aménagement à faire, et finalement, ils ont été abandonnés. »

Ce phénomène n’est pas propre à La Tour-du-Pin. Une étude des Échos, publiée en décembre 2025, met en évidence une augmentation du taux de locaux commerciaux inoccupés dans les villes de moins de 25 000 habitants, atteignant 13,2 % en 2024, contre 11,9 % en 2019. Achille Warnant, géographe et maître de conférences à l’Institut d’urbanisme et de géographie alpine (IGA) de Grenoble, souligne que cette tendance s’explique par plusieurs facteurs : « Bien que le phénomène de vacance commerciale diffère selon les territoires, de nombreuses communes perdent leurs commerces en centre-ville à cause, notamment, de l’extension des zones commerciales en périphérie des villes et de l’essor du commerce en ligne. »

Pour tenter d’inverser cette tendance, la municipalité de La Tour-du-Pin a engagé une « manageuse de centre-ville », Isabelle Delahaye, dont le rôle est de faciliter l’installation de nouveaux commerçants. « Cette fonction est assez récente, c’est un concept anglo-saxon, précise-t-elle. Je suis une sorte de guichet unique pour les commerçants et les entrepreneurs qui souhaitent s’installer. Il faut apporter des solutions aux problématiques, aider les porteurs de projet à se lancer, les aiguiller vers les bonnes personnes et les locaux disponibles… » Elle s’appuie notamment sur le dispositif « Petites villes de demain », un programme national doté d’une enveloppe de près de 4 milliards d’euros, lancé en 2020 par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT).

Sur la place du 8-Mai 1945, lors du marché hebdomadaire, un maraîcher témoigne de la baisse de la fréquentation et du pouvoir d’achat. « Ça fait trois ans que je travaille là. On a vu une petite dégringolade au niveau du commerce ici, au niveau de la clientèle. Les clients font moins d’achats, c’est assez prononcé. Le panier moyen a baissé ces dernières années. » Une cliente, venue faire ses courses pour sa mère, confirme cette impression : « Il y avait plus de commerces quand j’étais jeune. Ça a repris un petit peu ces dernières années, mais j’ai l’impression que, globalement, ça a baissé. Avant, on trouvait de tout. Désormais, je vois qu’il y a plein de commerces fermés, des rues désertées. La vie a changé ici. »

Achille Warnant tempère toutefois les inquiétudes : « Face à cette diminution des commerces de proximité, l’État et les collectivités tentent de mener des actions. Il est encore difficile d’évaluer l’impact sur les vacances commerciales car il y a peu d’études à ce sujet. Mais, il est sûr que ces aides sont les bienvenues pour ces communes qui doivent également jongler avec un manque de moyens. Cependant, je ne pense pas que ces communes puissent retrouver leur linéaire commercial d’autrefois. Mais cela ne veut pas dire, pour autant, que leur centre-ville est amené à disparaître. Il est possible d’avoir un dynamisme économique plus resserré et tout aussi attractif. Pour de nombreuses communes comme La Tour-du-Pin, les centres-villes sont amenés à se recomposer. »

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