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Ce que vous devez savoir sur le paiement des impôts sur le visa espagnol à but non lucratif

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Obtenir le visa à but non lucratif (NLV) en Espagne ouvre les portes de la résidence, mais pas celles du travail. Cette distinction, bien que claire sur le papier, soulève des questions fiscales complexes pour de nombreux nouveaux résidents. Qu’en est-il de vos obligations et de votre portefeuille ?

Le visa à but non lucratif espagnol, comme son nom l’indique, permet de s’installer en Espagne sans droit de travailler. Cela inclut aussi bien l’interdiction d’exercer une activité pour une entreprise basée en Espagne que le travail à distance pour une société étrangère, ainsi que toute forme de travail indépendant. Malgré cette restriction professionnelle, les résidents NLV sont néanmoins soumis à l’impôt en Espagne, un point qui déroute souvent, particulièrement quant à la nature et au montant des taxes dues.

Des revenus suffisants, mais un statut fiscal clair

Pour obtenir le NLV, il est impératif de prouver une épargne conséquente ou des revenus passifs suffisants pour subvenir à ses besoins. En 2025, le seuil requis correspond à 400 fois le montant mensuel de l’IPREM, soit environ 2 400 € de revenus passifs par mois, équivalant à une épargne de 28 800 € annuellement. Ces ressources peuvent provenir de pensions étrangères, de revenus locatifs d’un bien immobilier détenu hors d’Espagne, de placements bancaires ou de retours sur investissements.

La loi espagnole établit que toute personne résidant en Espagne, ce qui est le cas des détenteurs de NLV y séjournant plus de 183 jours par an, est redevable de l’impôt sur le revenu espagnol (IRPF) sur ses revenus et plus-values mondiaux. Il est crucial de noter que les subtilités juridiques peuvent avoir des conséquences fiscales importantes. Par exemple, même en restant moins de 183 jours, si votre conjoint et vos enfants résident à temps plein en Espagne, vous pourriez être considéré comme résident fiscal.

L’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPF)

En tant que résident fiscal en Espagne, vous êtes imposé sur l’ensemble de vos revenus mondiaux, qu’ils proviennent de pensions, de placements, de loyers ou d’autres sources passives. Le système de l’IRPF est progressif : plus vos revenus sont élevés, plus le taux d’imposition augmente, variant entre 19 % et 47 %.

  • Jusqu’à 12 450 € : 19 %
  • De 12 451 € à 20 200 € : 24 %
  • De 20 201 € à 35 200 € : 30 %
  • De 35 201 € à 60 000 € : 37 %
  • De 60 001 € à 300 000 € : 45 %
  • Au-delà de 300 000 € : 47 %

Les revenus issus de vos placements financiers, tels que les intérêts sur épargne ou les plus-values, sont soumis à une fiscalité spécifique :

  • 19 % pour les premiers 6 000 € de revenus imposables
  • 21 % pour les revenus suivants, de 6 001 € à 50 000 €
  • 23 % pour les revenus de 50 001 € à 200 000 €
  • 27 % pour les revenus de 200 001 € à 300 000 €
  • 28 % pour tout montant excédant 300 000 €

Ces revenus sont déclarés annuellement dans votre déclaration de revenus.

L’Impôt sur la Fortune : une question de localisation

Outre l’IRPF, les résidents NLV peuvent également être concernés par l’impôt sur la fortune. Cet impôt annuel porte sur la valeur nette de votre patrimoine au 31 décembre de l’année précédente. Cependant, son application est conditionnée : soit après déduction des allocations régionales, votre patrimoine net reste positif, soit la valeur brute de votre patrimoine dépasse 2 millions d’euros.

Ce patrimoine peut inclure biens immobiliers, comptes bancaires, investissements, etc., tant en Espagne qu’à l’étranger. Le montant de l’impôt dépendra fortement de la communauté autonome où vous résidez. Certaines régions, comme Madrid, l’Estrémadure, l’Andalousie et la Cantabrie, offrent une exonération totale de l’impôt sur la fortune. À l’inverse, résider en Catalogne peut engendrer une imposition significative.

Déclaration des actifs étrangers : une obligation d’information

Il est important de distinguer l’impôt sur la fortune de la déclaration des actifs étrangers. Il ne s’agit pas d’une taxe, mais d’une obligation d’informer les autorités fiscales espagnoles de tous vos biens détenus à l’étranger dont la valeur dépasse 50 000 €. Cela concerne par exemple l’immobilier ou les comptes bancaires.

Cette déclaration s’effectue via le formulaire 720, dont la date limite est le 31 mars pour les avoirs détenus au 31 décembre de l’année précédente. Vous n’avez à remplir ce formulaire qu’une seule fois, sauf si la valeur de vos actifs étrangers augmente de plus de 20 000 €, auquel cas une nouvelle déclaration sera nécessaire pour mettre à jour le montant.

Les conventions de double imposition, un atout

Vos revenus passifs et votre épargne peuvent potentiellement être imposables à la fois dans votre pays d’origine et en Espagne. C’est là qu’interviennent les conventions de double imposition. Ces accords bilatéraux visent à éviter que le même revenu ne soit taxé deux fois. Si une telle convention existe entre l’Espagne et votre pays d’origine, elle peut considérablement alléger votre charge fiscale globale. L’Espagne a signé de telles conventions avec la quasi-totalité des pays.

Face à ces différentes réglementations, il est vivement conseillé de consulter un professionnel de la fiscalité pour vous assurer de respecter toutes vos obligations et d’optimiser votre situation fiscale en Espagne.

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