Publié le 2025-10-26 04:09:00. Recevoir du courrier adressé à d’anciens occupants est une situation courante, mais aussi une source de préoccupation et de frustration pour de nombreux foyers. Il s’avère que jeter ce courrier est illégal, obligeant les résidents actuels à trouver des solutions pour le retourner à l’expéditeur.
Malgré les tentatives répétées pour l’arrêter, le courrier destiné aux anciens propriétaires ou locataires continue d’arriver dans les boîtes aux lettres. Une précédente enquête avait exploré les démarches possibles face à ce flux postal non désiré et la question de savoir si l’on pouvait légalement s’en débarrasser. La réponse est claire : il est interdit de jeter le courrier d’autrui, quelle que soit la durée de sa réception. Seuls les services postaux autorisés, comme Australia Post, ont le pouvoir de gérer ces envois, conseillant de les renvoyer systématiquement à l’expéditeur.
Les témoignages recueillis illustrent les désagréments et parfois les problèmes sérieux engendrés par cette situation. Certains habitants, confrontés à des difficultés de mobilité, peinent à respecter la procédure de retour du courrier.
« Mon handicap rend difficile de quitter la maison »
Rosie, par exemple, réside à son adresse depuis plus de sept ans et ses tentatives pour faire cesser la réception de courriers indésirables sont restées vaines. Son handicap rend les déplacements compliqués, et le renvoi du courrier d’autres personnes, après tant d’années, n’est pas une priorité.
Eliot partage une expérience similaire, décrivant comment, malgré avoir marqué les lettres « retour à l’expéditeur » et les avoir épinglées dans sa boîte aux lettres, son facteur ne les récupère pas. Handicapé, il ne se sent pas tenu de les déposer lui-même dans une boîte aux lettres publique.
« Mon adresse a été utilisée frauduleusement »
D’autres situations révèlent des usages frauduleux de domiciliation. Vincent, habitant la même adresse depuis plus de trente ans, a découvert que des tiers utilisaient son domicile pour enregistrer des services téléphoniques. Il n’en a pris conscience qu’en ouvrant par inadvertance une facture impayée.
Une autre anecdote concerne une lettre du lycée d’une ancienne locataire, destinée à l’inscription de son enfant à l’école. En contactant l’établissement, il s’est avéré que l’enfant était inscrit depuis deux mois, avec l’adresse de Vincent comme référence, bien que la famille n’habite plus là depuis deux ans. L’école craignait une inscription frauduleuse hors de sa zone géographique.
Laura, quant à elle, a pris l’habitude de contacter directement les entreprises identifiées sur les enveloppes pour leur signaler que le destinataire n’habitait plus à cette adresse. Cette démarche a souvent permis de faire cesser le courrier indésirable.
« Ils m’ont demandé de payer pour qu’il soit restitué »
Dans le cadre de son bénévolat dans un refuge pour femmes, Jennifer rencontre régulièrement le problème du courrier laissé par d’anciennes résidentes. Elle rencontre des difficultés avec certains ministères et banques qui ne traitent pas efficacement les retours. Elle a même refusé de payer des frais pour qu’un colis soit retourné à l’expéditeur, jugeant la demande injustifiée.
« Nous sommes indirectement harcelés »
Sue et son mari, occupants de leur maison depuis 32 ans, reçoivent du courrier adressé à des personnes qui n’y ont jamais résidé. Malgré leurs efforts pour retourner le courrier et contacter les entreprises par email et téléphone, des avis de péage impayés ont été transmis à des agents de recouvrement, générant une pression constante. Elle déplore le manque de considération pour leur situation.
Paul, également, renvoie systématiquement le courrier des anciens occupants, principalement émanant de banques. Malgré ses démarches répétées, ces institutions continuent d’envoyer des missives à son adresse, sans apparemment tenir compte des retours.
« La redirection du courrier n’est pas abordable »
Jess vit dans son logement actuel depuis plus de deux ans et reçoit toujours le courrier de l’ancien locataire. Elle admet avoir jeté une ou deux lettres par le passé, ignorant qu’elle était illégale. Bien qu’elle tente de renvoyer le courrier à l’expéditeur, elle trouve cette démarche épuisante, d’autant plus qu’elle estime que la redirection du courrier représente un coût trop élevé pour les personnes à faibles revenus.