Publié le 18 février 2026 à 22h33. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, exacerbées par les menaces américaines envers l’Iran, font grimper les prix du pétrole, avec des scénarios allant d’une hausse modérée à un choc majeur sur le marché mondial.
- Les prix du pétrole ont dépassé la barre des 70 dollars le baril en réaction aux rumeurs d’une possible attaque américaine contre l’Iran.
- Plusieurs scénarios, allant d’une attaque ciblée à la fermeture du détroit d’Ormuz, pourraient entraîner une flambée des prix, selon l’analyste Nadia Martin Wiggen.
- Malgré les tensions, certains experts estiment que le marché ne prend pas encore pleinement en compte le risque d’une interruption majeure des approvisionnements.
Les marchés énergétiques sont en état d’alerte après l’annonce d’une possible intervention militaire américaine en Iran. Selon des informations rapportées par Axios, Washington pourrait lancer une attaque dans les jours ou les semaines à venir. L’Iran a réagi en annonçant des exercices militaires dans le détroit d’Ormuz et en promettant une riposte sévère en cas d’attaque, comme le rapporte Bloomberg.
Nadia Martin Wiggen, de Svelland Capital, a identifié plusieurs scénarios possibles et leurs conséquences potentielles sur le prix du pétrole. Elle évoque d’abord la possibilité d’une attaque ciblée, similaire à celle menée par l’administration Trump contre le Venezuela en début d’année.
« Si tel est le cas, je pense que le marché s’attend à ce que le prix du pétrole augmente d’environ 5 dollars en raison des attaques contre l’Iran. »
Nadia Martin Wiggen, directrice de Svelland Capital
Un autre scénario envisagé est la destitution de l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien, et l’arrivée au pouvoir d’un nouveau dirigeant manquant de légitimité. Dans ce cas, l’incertitude pourrait entraîner une nouvelle hausse des prix.
L’analyste souligne également le risque de blocages maritimes imposés aux navires iraniens, ce qui pourrait priver le marché d’environ 1,5 à 1,6 million de barils de pétrole par jour. Enfin, une attaque contre les infrastructures pétrolières iraniennes, telles que les champs pétrolifères ou les raffineries, pourrait provoquer une flambée des prix.
Le scénario le plus extrême, et celui qui entraînerait le choc le plus important sur le marché, serait la fermeture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole.
« Si, dans ce cas, il n’est pas ouvert dans un délai court, ce sera un choc pour le marché. »
Nadia Martin Wiggen, directrice de Svelland Capital
Bjarne Schieldrop, analyste du marché pétrolier chez SEB, adopte une perspective plus mesurée. Il estime que le marché pétrolier reste pour l’instant relativement calme et que les prix actuels, légèrement supérieurs à 67 dollars (environ 62 euros), ne reflètent pas une inquiétude majeure quant à une interruption des exportations en provenance du Moyen-Orient.
« Jusqu’à présent, le marché pétrolier n’a exprimé que très peu d’inquiétude quant à de graves interruptions dans les exportations de pétrole du Moyen-Orient. »
Bjarne Schieldrop, analyste du marché pétrolier chez SEB
Schieldrop souligne que ni Donald Trump ni l’Iran n’ont réellement intérêt à une interruption des exportations pétrolières. Selon lui, Trump souhaiterait voir davantage de pétrole iranien sur le marché afin de faire baisser les prix. Il conclut que, pour l’instant, le marché ne « prix pas un désastre ».
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