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Ce sont les syndicats des transports urbains qui paralyseront le travail mardi

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Publié le 2025-11-03 17:10:00. Face à la recrudescence des actes d’extorsion et des assassinats de chauffeurs de taxi, plusieurs syndicats des transports ont décidé de cesser le travail ce mardi 4 novembre. Cette mobilisation intervient malgré l’état d’urgence décrété par le gouvernement il y a quelques semaines.

  • Un appel à la grève est lancé pour le mardi 4 novembre par divers syndicats de transporteurs.
  • Cette action fait suite à une série d’attaques meurtrières visant des chauffeurs, survenues pendant l’état d’urgence.
  • Plusieurs compagnies de transport ont confirmé leur participation, certaines annonçant des perturbations majeures.

Plusieurs syndicats de transporteurs péruviens ont organisé une journée de mobilisation, marquée par un arrêt de travail ce mardi 4 novembre. Cette décision vise à protester contre la vague d’insécurité croissante et les attaques ciblées dont sont victimes les chauffeurs, attribuées à des bandes criminelles organisées. Les syndicats dénoncent l’inefficacité des mesures prises par les autorités, y compris l’état d’urgence instauré le 22 octobre.

La situation a atteint un point critique avec le meurtre de deux chauffeurs de transports en commun en l’espace de quelques jours. Le 24 octobre, Walter Léoncio Sandoval Castro, 53 ans, conducteur pour l’entreprise Ramón Castilla, a été abattu par des individus à moto. Trois jours plus tard, José Johnny Esqueche Ningles, 47 ans, chauffeur pour la société Liventur, a connu le même sort. Ces deux drames se sont produits sur l’avenue Néstor Gambetta, dans la province de Callao. Le samedi soir précédent, un bus de la ligne 52, surnommé « T », a également été la cible de tirs alors qu’il circulait dans le quartier de Chorrillos.

Quelles entreprises de transport observent la grève le 4 novembre ?

Martin Ojeda, porte-parole du syndicat United Transporters (TU), a confirmé la tenue d’un « arrêt moteur » et d’une « marche modérée » le 4 novembre. Il a précisé que cette action se veut un acte de « deuil » face à une « situation de désespoir » née de l’escalade de l’extorsion et des assassinats.

« Nous ne sommes pas contre le gouvernement, nous constatons une coordination qui n’avait pas été vue avant le 9 octobre. Ce qui s’est passé, c’est qu’en pleine état d’urgence, deux chauffeurs sont morts au cours du même week-end. »

Martin Ojeda, porte-parole du syndicat United Transporters (TU)

Ojeda a insisté sur le caractère pacifique des mobilisations, demandant aux forces de l’ordre de faire preuve de compréhension.

Julio Raurau, président de la Société Nationale des Entreprises de Transport du Pérou (Conet Perú), a également annoncé le maintien de la grève. Il a souligné que la quasi-totalité des compagnies de transport urbain font l’objet d’actes d’extorsion.

« En pratique, 100 % des entreprises sont victimes d’extorsion en ce moment. Malheureusement, ceux qui ne paient pas sont menacés. Ils vous appellent sur WhatsApp, vous laissent un tract dans une voiture et vous disent : ‘demain nous vous tuerons ou cet après-midi un chauffeur vous tuera’, et ils le font. Et qui sont ceux qui exécutent cela ? Ce sont des jeunes, payés 100 ou 200 soles pour commettre ce type de crime. »

Julio Raurau, président de la Conet Perú

Il a par la suite qualifié de « traîtres » les dirigeants syndicaux qui ne participeraient pas à cette mobilisation.

L’Association Nationale des Chauffeurs Professionnels du Pérou (ANCPP) a également exprimé sa participation à la grève pour une durée de 24 heures. Dans un communiqué, elle déplore que « malgré l’état d’urgence, la vague de crimes et d’assassinats contre nos confrères conducteurs continue de croître ».

« Compte tenu des accords conclus lors des réunions tenues […] où il a été établi que face à l’assassinat d’un collègue conducteur, les moteurs seraient coupés en signe de protestation et de deuil, l’ANCPP se conforme à cet accord et mène cette grève dans le respect de la mémoire des collègues tombés au combat et pour réclamer justice. »

Association Nationale des Chauffeurs Professionnels du Pérou (ANCPP)

La société de transport Nouvelle Amérique a également annoncé une « pause » de 24 heures, exprimant son deuil et sa solidarité. Elle réclame justice, l’arrestation des responsables, ainsi qu’une pension mensuelle et des allocations pour les orphelins des chauffeurs victimes de la criminalité organisée.

Le collectif Transport Uni du Cône Est SJL, connu sous le nom des « 50 », a confirmé la cessation de son activité le 4 novembre pour des raisons similaires, exigeant justice et l’arrestation des criminels.

Enfin, la société Etupsa, opérant sur la ligne 73, s’est jointe à la grève par « acte d’unité, de respect et d’exigence de justice ». Elle appelle à des « actions fermes et efficaces de la part de l’État pour arrêter » la « vague de crimes qui menace » leur vie et leur profession.

Les universités s’adaptent face à la grève

En réaction à cette journée de mobilisation, certaines universités privées ont annoncé le passage de leurs cours en mode virtuel le 4 novembre. C’est le cas de l’Université Pontificale Catholique du Pérou (PUCP) qui, par souci de garantir la sécurité et la fluidité des déplacements de sa communauté, a décidé de suspendre les activités en présentiel. Seules les activités présentielles incompressibles ou nécessitant des ressources spécifiques seront reportées.

L’Université de Lima a également indiqué que « tous les cours seront virtuels ». Les ateliers, laboratoires et évaluations devront être reprogrammés, tandis que les événements annoncés se dérouleront en mode hybride.

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