Publié le 14 février 2024 10:30:00. Des chercheurs américains ont mis au point un système de mesure des émissions gazeuses intestinales basé sur des « sous-vêtements intelligents », permettant une analyse plus précise de l’activité du microbiome et remettant en question les estimations précédentes sur la fréquence des flatulences.
- Les adultes en bonne santé produisent en moyenne 32 émissions de gaz par jour, soit environ deux fois plus qu’on ne le pensait.
- Un nouveau projet, baptisé « Human Flatus Atlas », vise à établir une base de données complète sur les schémas de production de gaz intestinaux.
- Cette technologie pourrait aider à mieux comprendre et traiter les troubles digestifs liés à une production excessive de gaz.
Mesurer avec précision la production de gaz dans le tube digestif s’est longtemps avéré un défi pour les médecins. Les études antérieures reposaient souvent sur des déclarations subjectives des patients, ne tenant pas compte des émissions nocturnes et manquant ainsi de précision. L’équipe du biologiste intestinal Brantley Hall, à l’Université du Maryland, a donc développé une approche innovante : des « sous-vêtements intelligents ». Ces dispositifs, équipés d’un capteur, mesurent en continu les émissions de gaz tout au long de la journée.
Le capteur utilisé détecte l’hydrogène, un gaz produit exclusivement par les bactéries intestinales. Cette mesure permet d’évaluer l’activité du microbiome, l’ensemble des micro-organismes présents dans l’intestin. Les premiers résultats, publiés dans la revue scientifique Biocapteurs et bioélectronique, sont surprenants. L’étude, menée auprès de 19 participants, révèle que les adultes en bonne santé produisent en moyenne 32 « décharges de gaz » par jour, un chiffre bien supérieur aux estimations antérieures.
Les variations individuelles observées sont notables, allant de 4 à 59 émissions par jour. Pour affiner ces données et obtenir une image plus complète, l’équipe de recherche lance le projet « Human Flatus Atlas ». Ce projet ambitieux impliquera la participation de centaines d’adultes américains qui utiliseront le capteur pour enregistrer systématiquement leurs schémas de production de gaz intestinaux. L’objectif est de créer une base de données fiable et représentative, permettant de mieux comprendre les facteurs influençant ces émissions et d’améliorer le diagnostic et le traitement des troubles digestifs.
Selon l’équipe de recherche, cette nouvelle méthode de mesure pourrait ouvrir la voie à des avancées significatives dans la compréhension du rôle du microbiome dans la santé humaine et dans la gestion des problèmes liés à la production excessive de gaz.