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C’est ainsi que l’entreprise en difficulté s’est développée

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Publié le 19 février 2026 à 14h49. Le PDG de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté des résultats annuels en demi-teinte, mais a surtout esquissé une profonde réorganisation du groupe pour relancer sa croissance et restaurer la confiance des investisseurs après une série d’épreuves.

  • Le chiffre d’affaires de Nestlé a atteint 89,5 milliards de francs suisses en 2025, en hausse de 3,5 % en organique.
  • Le groupe va recentrer ses activités sur quatre pôles principaux : café, alimentation animale, spécialités alimentaires et santé.
  • Le scandale lié à la contamination de lait infantile par la toxine céreulide a pesé sur les résultats et nécessite un regain de confiance.

Après des mois difficiles, marqués par des changements de direction et le scandale des préparations pour nourrissons contaminées, Nestlé cherche à tourner la page. La présentation des chiffres annuels par Philipp Navratil a été l’occasion d’annoncer une nouvelle stratégie, axée sur la simplification de l’organisation et la concentration sur les activités les plus porteuses.

Le chiffre d’affaires de Nestlé s’est élevé à 89,5 milliards de francs suisses en 2025. Après ajustement des effets de change et des acquisitions, la croissance organique s’établit à 3,5 %, grâce à une augmentation des volumes de 0,8 % et à des ajustements de prix de 2,8 %. Cependant, le résultat opérationnel a été affecté par l’appréciation du franc suisse, entraînant une baisse de la marge bénéficiaire d’exploitation à 16,1 %, contre 17,2 % l’année précédente. Le bénéfice net a finalement reculé de 17 %, atteignant 9 milliards de francs suisses.

« Nescafé doit être identique partout dans le monde »

Au-delà des chiffres, Philipp Navratil a détaillé sa vision pour l’avenir de Nestlé. Le groupe entend se concentrer sur quatre domaines clés : le café, l’alimentation animale, les spécialités alimentaires et santé, qui représentent ensemble environ 70 % des ventes. Ces secteurs sont considérés comme les plus porteurs en termes de croissance, de rentabilité et de positionnement sur le marché.

Jusqu’à présent, Nestlé était organisée principalement sur une base géographique, avec des zones Amérique, Europe, Asie-Océanie et Afrique. Cette structure sera maintenue, mais l’organisation sera simplifiée pour clarifier les responsabilités et favoriser les synergies. Navratil a illustré cette volonté de simplification en déclarant : « Nescafé doit être identique partout dans le monde. » Jusqu’à présent, les différentes zones géographiques bénéficiaient d’une grande autonomie en matière de conception des produits, une situation qui devrait évoluer avec une gestion plus centralisée des marques.

Cette réorganisation comprend également l’intégration de la division Health Science au sein de la division Nutrition. Cette fusion s’accompagne du départ d’Anna Mohl, PDG de Health Science, à la fin du mois de février. Par ailleurs, Nestlé prévoit de céder le reste de ses activités glaces à la coentreprise Froneri.

Lait infantile : « Ce n’était pas une question de coût »

La question de la contamination du lait infantile a occupé une place importante lors de la séance de questions-réponses avec les investisseurs et les journalistes. En décembre, Nestlé avait découvert lors de contrôles internes que certaines de ses préparations pour nourrissons pourraient être contaminées par la toxine céreulide, un problème qui s’est avéré plus large, affectant plusieurs producteurs et impliquant un fournisseur chinois, Cabio Biotech, qui fournissait de l’huile d’ara contaminée.

Bien que Nestlé ne cite pas officiellement le nom du fournisseur, Philipp Navratil a apporté de nouveaux éléments. Le groupe avait auparavant utilisé un autre fournisseur d’huile d’ara et souhaitait diversifier sa chaîne d’approvisionnement pour éviter de dépendre d’une seule source. C’est ainsi qu’il s’est tourné vers l’entreprise chinoise. « Ce n’était pas une question de coût », a insisté Navratil.

Le rappel de produits, lancé en janvier, a également concerné des produits déjà vendus en 2025. Nestlé estime les coûts directs liés aux retours de produits et aux ruptures de stock à 185 millions de francs suisses. Cet incident devrait réduire la croissance organique de 0,2 % en 2026. L’impact sur la confiance des consommateurs reste à évaluer.

L’entreprise ne s’attend pas à des conséquences structurelles durables. Navratil a reconnu la nécessité de regagner la confiance des consommateurs, soulignant que Nestlé avait réagi rapidement en informant les autorités et le secteur. Il a implicitement comparé cette réaction à celle de son concurrent Danone, dont le rappel de produits a été lancé plus tard et a suscité de vives critiques.

Nestlé affirme que le rappel est désormais terminé et que la production a repris dans toutes ses usines, avec un fonctionnement 24 heures sur 24 pour reconstituer les stocks.

Bonne nouvelle pour les actionnaires

Les annonces ont été bien accueillies par les marchés financiers, avec une hausse temporaire de plus de 3 % du cours de l’action. Le flux de trésorerie disponible pour 2025 s’élève à 9,2 milliards de francs suisses, un chiffre supérieur aux attentes. Nestlé confirme ainsi sa capacité à maintenir sa politique de dividendes. Le conseil d’administration propose de porter le dividende à 3,10 francs suisses par action, ce qui représenterait la trente et unième augmentation consécutive.

La dette nette du groupe a également diminué, atteignant 51,4 milliards de francs suisses, un chiffre inférieur aux prévisions des analystes.

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