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c’est ce qu’a annoncé le ministre de la Justice, Eduardo Montealegre

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Publié le 23 octobre 2025. Le ministre de la Justice colombien, Eduardo Montealegre, a dévoilé à Shanghai une proposition de loi visant à convoquer une Assemblée nationale constituante pour réformer la Constitution de 1991. Cette démarche, motivée par la perception d’une Constitution obsolète et d’entraves aux réformes sociales, suscite déjà de vives critiques.

Le ministre de la Justice, Eduardo Montealegre, a présenté ce jeudi 23 octobre un projet de loi prévoyant la convocation d’une Assemblée nationale constituante en Colombie, dans le but de modifier la Constitution de 1991. L’annonce a été faite depuis Shanghai, en Chine, où il effectuait une visite officielle.

Montealegre a affirmé que ces articles constituaient « le point de départ pour construire sur cette base les fondements de la transformation dont la Colombie a besoin ». « Par la confrontation des arguments, et non par la violence, nous penserons à un nouveau pays », a-t-il déclaré.

Le projet de loi proposé par Montealegre suggère la constitution d’une Assemblée nationale constituante de 71 délégués, dont la moitié serait des femmes.

Selon le texte, cette Assemblée aurait pour mission de réformer l’intégralité de la Constitution politique, sans pour autant dissoudre le Congrès. Ses prérogatives seraient cependant encadrées par les « engagements préalables concernant les traités internationaux sur les droits de l’homme, les normes du Ius Cogens, l’interdiction de régression en matière de droits fondamentaux et le respect du principe de non-régression en matière de droits sociaux ».

Le projet prévoit également que l’Assemblée se réunisse durant trois mois, à compter de son installation. Celle-ci interviendrait 30 jours calendaires après la proclamation des résultats de l’élection des délégués par le Conseil National Électoral.

Le projet de loi suggère par ailleurs de soumettre à l’approbation des citoyens colombiens deux questions référendaires :

  • « Êtes-vous d’accord avec la convocation d’une Assemblée constituante qui se réunira pendant 3 mois à compter de son installation, laquelle interviendra 30 jours calendaires après la déclaration de l’élection de ses délégués par le Conseil National Électoral, avec les caractéristiques suivantes : elle sera composée de 71 délégués élus au suffrage populaire comme suit : 44 délégués élus par la circonscription nationale, 2 délégués du peuple afro-descendant, 2 délégués du peuple indigène, 2 délégués du peuple paysan, 2 délégués du peuple victime du conflit armé, 2 délégués des syndicats, 2 délégués des jeunes, 2 délégués du peuple Rrom, 2 délégués du peuple Raizal et Palenquero et 6 délégués du peuple colombien de l’étranger, dans tous ces cas, la moitié des délégués de chaque groupe seront des femmes ; en plus, 2 délégués des mères chefs de famille et 3 délégués des personnes LGBTIQ+ ? »
  • « Êtes-vous d’accord que l’Assemblée constituante réforme toute la Constitution politique, ne révoque pas le Congrès, ait pour limites les engagements antérieurs concernant les traités internationaux sur les droits de l’homme, les normes de Ius Cogens, l’interdiction de régression en matière de droits fondamentaux, ainsi que le respect du principe de non-régression en matière de droits sociaux ? »

Les arguments du ministre de la Justice

Dans une vidéo diffusée sur le compte X (anciennement Twitter) du ministère de la Justice, Eduardo Montealegre a développé les arguments justifiant la convocation d’une Assemblée constituante pour réformer la charte politique du pays.

Selon le ministre, certaines dispositions de la Constitution de 1991 seraient devenues « obsolètes », tandis que d’autres seraient « utilisées par des secteurs profondément réactionnaires pour détruire les acquis sociaux ». « Nous allons entamer un processus constituant qui transformera le pays et le dotera de nouvelles institutions aptes à répondre aux besoins du XXIe siècle », a-t-il précisé.

Le projet de loi souligne que la Colombie traverse actuellement « un contexte social comparable à celui de 1991 », période qui avait vu naître la Constitution actuelle.

Le document met en avant des problématiques telles que les agissements de groupes armés illégaux, les assassinats de dirigeants politiques, de citoyens et de signataires de l’accord de paix, ainsi qu’un « blocage institutionnel » qui entraverait les réformes sociales.

La proposition d’une Assemblée constituante a, toutefois, immédiatement suscité des critiques. La candidate à la présidence Vicky Dávila a notamment réagi : « L’Assemblée constituante de Petro est une menace pour la démocratie. Méfiez-vous des projets de Petro. »

Juan Manuel Galán, directeur du Nouveau Libéralisme, a quant à lui estimé : « Jouer avec une Assemblée constituante à quelques mois d’une élection présidentielle, c’est allumer la démocratie avec des enjeux électoraux. La convoquer maintenant est non seulement irréalisable, mais c’est une imprudence monumentale. »

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