Publié le 24 février 2026 à 22h14. Palmyre, autrefois joyau touristique de la Syrie, porte encore les stigmates de l’occupation par l’État islamique (EI) entre 2015 et 2017, marquée par des destructions et des exécutions sommaires, mais les habitants commencent à revenir.
En mai 2015, l’EI a lancé une offensive dans le désert syrien, prenant le contrôle de Palmyre après un assaut de neuf jours. Près de 100 000 habitants ont alors fui la ville, craignant pour leur vie.
Khaldoun se souvient de Palmyre avant la guerre : des restaurants animés, des bus remplis de touristes admirant les ruines antiques. Aujourd’hui, la ville est en ruines, mais il a installé une tente près des vestiges pour accueillir les rares visiteurs qui reviennent.
L’EI a rapidement transformé l’amphithéâtre romain, vieux de deux mille ans, en un lieu d’exécution. Selon l’ Observatoire syrien des droits de l’homme, au moins 217 personnes ont été tuées à Palmyre et dans ses environs pendant les premiers neuf jours de l’offensive, dont 67 civils, parmi lesquels 14 enfants.
Des vidéos de ces exécutions ont circulé, montrant notamment un groupe d’adolescents exécutant des prisonniers syriens devant une foule. L’EI utilisait ces atrocités comme propagande.
L’EI considérait les monuments historiques comme des symboles d’idolâtrie. C’est ainsi qu’ils ont capturé Khaled al-Asaad, un historien syrien de 82 ans, gardien du patrimoine de Palmyre depuis plus de 40 ans et responsable de son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Après l’avoir interrogé pendant plus d’un mois pour connaître l’emplacement des antiquités cachées, ils l’ont décapité et exposé son corps mutilé en public en août 2015, selon CNN.
Les forces russes et syriennes ont chassé l’EI de Palmyre en mars 2016, mais le groupe terroriste est revenu en décembre de la même année, détruisant l’amphithéâtre et le temple de Baal.
Aujourd’hui, l’EI, bien que n’occupant plus Palmyre, reste actif en Syrie. L’ONU estime qu’environ 3 000 combattants de l’EI sont encore présents dans le pays et en Irak. Le groupe a récemment déclaré la guerre au nouveau président syrien, Ahmed Al Sharaa, et a mené des attaques contre les forces de l’ordre et les postes frontières.
Malgré les destructions et le manque d’infrastructures de base – eau potable, toilettes, restaurants – les habitants commencent à revenir à Palmyre. Khaldoun, qui espère relancer le tourisme, a installé une tente pour accueillir les visiteurs. Il reste optimiste :
« L’EI et le régime d’Assad ont disparu. L’avenir sera bien meilleur qu’avant pour tous les Syriens. »
Khaldoun



Les habitants de Palmyre montrent à quoi ressemblait l’amphithéâtre avant que l’EI ne le fasse exploser.