Publié le 08.10.2025 08:43:00. Une première évaluation régionale à Eindhoven révèle un nombre alarmant de personnes sans abri, dont de nombreux enfants et jeunes adultes. Cette photographie sociétale inédite, fruit d’un décompte collaboratif, met en lumière l’ampleur de la précarité et l’existence d’un « sans-abrisme caché ».
- Plus de 2 200 personnes sont sans abri dans la région d’Eindhoven, incluant 320 enfants.
- Une proportion notable, 19%, concerne les jeunes de 18 à 27 ans.
- Les femmes représentent 29% des sans-abri, un chiffre supérieur aux estimations nationales.
Ce décompte inédit, mené sur deux jours en avril dernier par 84 organisations et institutions locales, avec le soutien de la technologie GPS, a permis de dresser un portrait plus précis de la situation. Si le chiffre brut de 2 441 personnes recensées (dont 320 enfants) a pu susciter un choc initial, il confirme des préoccupations déjà présentes au sein des instances municipales. Le « sans-abrisme caché », c’est-à-dire le fait de dormir chez des amis, de la famille, dans des parcs de vacances, des mobil-homes ou des institutions, a particulièrement été mis en lumière.
L’impact sur les enfants, même s’ils ne dorment pas littéralement à la rue, est considérable. L’échevin Samir Toub souligne les difficultés rencontrées : « On veut que les enfants grandissent bien. Il faut toujours aller à l’école lorsqu’on est dans un parc de vacances ou chez des proches. Comment s’y rendre ? Ou jouer avec d’autres enfants. On peut imaginer qu’on ne les invite pas nécessairement dans une institution. » La situation affecte également indirectement 879 enfants dont les parents sont sans abri, même si eux-mêmes disposent d’un toit.
Parmi les constats marquants, outre la jeunesse de certains sans-abri, figure la forte représentation féminine. « Il s’agit aussi de mères célibataires. Souvent, elles se retrouvent chez la famille ou les amis et moins rapidement dans un abri. L’image que les gens ont parfois n’est pas celle du sans-abri d’aujourd’hui. Le groupe est très diversifié », explique l’échevin Toub. Seuls 12% des personnes recensées vivent dans l’espace public (parkings, centres commerciaux), les autres trouvant refuge dans des institutions, des véhicules ou des hangars.
Ce recensement a servi de base à l’élaboration du plan d’action régional pour le logement, « Dakesseness 2024-2030 », couvrant les quinze municipalités participantes. L’objectif est de repenser les stratégies pour lutter contre le sans-abrisme, en s’assurant également que les personnes disposant d’un logement ne se retrouvent pas expulsées et qu’elles perçoivent un revenu suffisant pour subvenir à leurs besoins. La pénurie de logements est pointée du doigt comme une cause majeure : « Vous voyez qu’il n’y a pas assez d’endroits. Nous devons fournir suffisamment de maisons abordables », insiste l’échevin Toub.
La question du statut de résidence valide est également préoccupante, puisque 13% des sans-abri à Eindhoven ne disposent pas d’un tel statut, se retrouvant souvent à errer entre les grandes villes.
Ce comptage, troisième du genre aux Pays-Bas et le premier à Eindhoven, Amsterdam et La Haye, sera renouvelé tous les quatre ans. L’intention est d’évaluer l’efficacité des mesures mises en place et de suivre l’évolution du phénomène.