Le Bade-Wurtemberg séduit Berlin pour une future « Gigafactory » d’IA
Le Premier ministre du Bade-Wurtemberg, Winfried Kretschmann, a accueilli ce matin à Stuttgart le Chancelier fédéral Friedrich Merz et son équipe, dans une atmosphère empreinte de cordialité mais aussi d’ambitions économiques marquées. L’objectif principal de cette rencontre : convaincre Berlin que le Land souabe est le lieu idéal pour l’une des cinq futures « Gigafactories » d’intelligence artificielle (IA) promises par l’Union européenne.
Au cœur des discussions, l’industrie technologique et l’innovation. Kretschmann, visiblement satisfait de l’accueil, a salué le soutien du gouvernement fédéral dans un contexte difficile pour la région automobile, confrontée à la crise. « Le consensus est extrêmement précieux », s’est réjoui le Premier ministre, soulignant l’importance de l’unité pour traverser ces épreuves, notamment concernant la transition des moteurs à combustion vers les véhicules électriques.
Le Bade-Wurtemberg, candidat de choix pour les Giga-usines d’IA
Le Land, réputé pour ses entreprises de taille moyenne, son industrie et son esprit d’innovation, souhaite désormais récolter les fruits de ses efforts. L’ambition est claire : attirer l’une des cinq gigafactories d’IA, des centres de données colossaux destinés à fournir une puissance de calcul inégalée pour les modèles d’IA les plus complexes. Ces installations, dont la décision d’implantation sera prise par l’Union européenne, représentent un enjeu économique majeur.
Winfried Kretschmann a affirmé que le Bade-Wurtemberg dispose des atouts nécessaires, citant notamment le Cyber Valley, le campus d’innovation en IA de la région de Stuttgart. Il a également mentionné le consortium mené par Dieter Schwarz, fondateur de Lidl, qui avait initialement envisagé de construire une telle usine dans le Brandebourg, mais dont les entreprises du Bade-Wurtemberg pourraient bénéficier.
« Nous avons beaucoup à offrir en matière d’excellence », a déclaré Kretschmann avec assurance, proposant au gouvernement fédéral un partenariat stratégique dans cinq domaines clés : les puces, les gigafactories d’IA, l’aérospatiale, la recherche sur les batteries et la santé. « Renforçons ensemble nos forces. C’est la seule façon pour nous d’avoir une chance de survivre à la concurrence internationale », a-t-il conclu, appelant à une action concertée.
Merz reste prudent sur les promesses
Friedrich Merz, tout en reconnaissant la force et l’inventivité du Bade-Wurtemberg, a préféré rester prudent quant à des engagements fermes concernant la gigafactory. Il a rappelé que le partenariat d’innovation n’était pas exclusif à ce Land et que la décision finale dépendrait des discussions à Bruxelles. Cinq consortiums, venant notamment de Bavière, du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ont postulé.
Le Chancelier a néanmoins souligné la convergence de vues entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Land sur la situation économique et la nécessité de trouver des solutions à la crise. Il a mis l’accent sur l’importance d’une innovation rapide et massivement encouragée.
Focus sur la technologie médicale
Au cours de sa visite, Merz a également identifié la technologie médicale comme un secteur clé pour le Bade-Wurtemberg, le considérant comme un facteur de localisation privilégié en raison de sa croissance rapide. Pour soutenir ce secteur, le Chancelier a plaidé pour un assouplissement des règles de protection des données, afin de faciliter l’accès aux données des patients pour la recherche et le développement de nouveaux médicaments et traitements. « Aucune donnée personnelle n’est perdue, aucune protection de la vie privée n’est perdue », a-t-il assuré. Winfried Kretschmann a abondé dans ce sens, reconnaissant le besoin de ces données pour l’innovation médicale.
Merz et l’IA : entre expérimentation et prudence
Interrogé sur son usage personnel de l’IA, Friedrich Merz a révélé qu’il testait actuellement un système sur son ordinateur et l’avait expérimenté dans le cadre d’un projet législatif concernant la retraite active. Si l’IA s’est montrée impressionnante dans ses suggestions de formulation, le Chancelier a néanmoins souligné ses limites, notamment son incapacité à intégrer des modifications à la Loi sur l’impôt sur le revenu, lui rendant évident les frontières de cette technologie.
La visite du Chancelier à Heilbronn pour la pose de la première pierre du parc d’innovation pour l’intelligence artificielle (IPAI), le plus grand écosystème d’IA d’Europe, a marqué une étape importante. La Commission européenne doit décider d’ici la fin de l’année de l’attribution des financements européens, d’environ 30%, pour ces gigafactories qui représentent un investissement d’environ six milliards d’euros chacune.
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Le Premier ministre du Bade-Wurtemberg, Winfried Kretschmann (Verts), et son équipe gouvernementale ont accueilli ce matin à Stuttgart le Chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU). Au cours de cette visite, l’enjeu majeur était de convaincre Berlin que le Bade-Wurtemberg est le candidat idéal pour accueillir l’une des cinq futures « Gigafactories » d’intelligence artificielle (IA) promises par l’Union européenne.
Merz a salué l’accueil chaleureux et complimenté le Land, le qualifiant de « celui qui se caractérise probablement le plus par les entreprises de taille moyenne, l’industrie et l’innovation », une déclaration qui a visiblement ravi le Premier ministre Kretschmann.
Le Land souabe nourrit de grandes ambitions. Winfried Kretschmann, fervent défenseur du développement technologique, souhaite que le Bade-Wurtemberg remporte le contrat pour l’une de ces gigafactories, des centres de données massifs conçus pour offrir une puissance de calcul inégalée pour les modèles d’IA les plus complexes. L’objectif est de placer le Bade-Wurtemberg en position de force face à d’autres régions, y compris la Bavière dirigée par Markus Söder.
La rencontre gouvernementale et la conférence de presse qui a suivi ont mis en lumière l’importance de l’industrie technologique et de l’innovation pour la région. Kretschmann a souligné les nombreux emplois menacés dans le secteur automobile, moteur économique du Bade-Wurtemberg, en raison de la crise. Il a remercié le Chancelier pour son soutien à l’unité, notamment dans la transition entre les moteurs à combustion et les voitures électriques, qualifiant ce consensus d’« extrêmement précieux ».
Le Bade-Wurtemberg propose un partenariat fédéral en matière d’innovation, affirmant qu’il est temps pour le Land de décrocher un projet d’envergure. « Les locomotives ont aussi besoin d’électricité », a résumé le Premier ministre, faisant allusion à la nécessité d’alimenter les innovations. Avec le Cyber Valley, le campus d’innovation en IA de la région de Stuttgart, le Bade-Wurtemberg considère posséder les conditions idéales pour une telle usine. Il a rappelé qu’un consortium, mené par le fondateur de Lidl, Dieter Schwarz, avait postulé pour le projet et envisageait initialement une implantation dans le Brandebourg, soulignant que les entreprises du Bade-Wurtemberg pourraient en tirer un avantage significatif.
« Nous avons beaucoup à offrir en matière d’excellence », a déclaré Kretschmann, proposant au gouvernement fédéral un partenariat dans cinq domaines cruciaux : les puces, les gigafactories d’IA, l’aérospatiale, la recherche sur les batteries et la santé. « Notre demande au gouvernement fédéral : renforçons ensemble nos forces. C’est la seule façon pour nous d’avoir une chance de survivre à la concurrence internationale », a-t-il conclu.
Malgré les ambitions affichées par Kretschmann, Friedrich Merz est resté mesuré quant à ses promesses directes concernant la gigafactory. Il a rappelé que le partenariat d’innovation « n’est bien sûr pas exclusif au Bade-Wurtemberg », tout en réitérant que le Land était « un pays d’inventeurs et d’innovation particulièrement prospère ». Il s’est toutefois réjoui du « très haut niveau d’accord » entre le gouvernement fédéral et le gouvernement des Länder pour analyser la situation économique et résoudre la crise, soulignant que la clé résidait dans une innovation rapide et massivement encouragée.
Sur la question de la gigafactory, Merz est resté évasif, précisant que cinq consortiums avaient postulé, venant notamment de Bavière, du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. « Nous attendons les débats à Bruxelles », a-t-il déclaré, espérant qu’au moins une gigafactory pourrait être implantée en Allemagne. La destination finale fera l’objet de discussions, a-t-il ajouté.
Le Chancelier n’a pas repris l’expression de Kretschmann sur le « renforcement des forces », préférant qualifier le Bade-Wurtemberg de « fort disproportionné », tout en rappelant les défis d’autres Länder comme la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, encore en transition, et citant le supercalculateur du Centre de recherche de Jülich comme un atout majeur pour cette région. Un soutien flagrant au Bade-Wurtemberg semblait par ailleurs attendre sa confirmation.
Dans l’après-midi, Merz et Kretschmann ont visité ensemble le parc d’innovation pour l’intelligence artificielle (IPAI) à Heilbronn, qui vise à devenir le plus grand écosystème d’IA d’Europe, avec un accent particulier sur la conception de puces. La Commission européenne doit statuer d’ici la fin de l’année sur l’attribution des financements européens, d’environ 30%, pour ces gigafactories dont le coût s’élève à environ six milliards d’euros chacune.
Merz a également mis en avant la technologie médicale du Bade-Wurtemberg, identifiée comme un secteur en pleine croissance. Il a proposé un assouplissement de la réglementation sur la protection des données pour permettre aux entreprises d’accéder à des données massives de patients, « afin que nous puissions également faire de la recherche et du développement avec des données, par exemple celles des patients », tout en garantissant la protection de la vie privée. Kretschmann a acquiescé, soulignant le besoin de ces données pour l’innovation thérapeutique.
Interrogé sur ses propres expériences avec l’IA, le Chancelier a révélé qu’il expérimentait un système sur son ordinateur personnel dans le cadre d’un projet législatif. Il a notamment trouvé l’IA impressionnante pour sa capacité à proposer des formulations précises, mais a également identifié ses limites lorsqu’il s’est agi d’intégrer des modifications à la Loi sur l’impôt sur le revenu, lui faisant prendre conscience des frontières actuelles de cette technologie.