Publié le 24 septembre 2025. Chen Long, champion olympique de badminton, est désormais entraîneur auprès de la sélection chinoise aux Championnats du monde juniors à Guwahati. Son expérience, jalonnée de succès olympiques et mondiaux, le positionne comme un guide clé pour la nouvelle génération de joueurs chinois, confrontés à une compétition féroce pour intégrer l’élite nationale.
- Chen Long, détenteur de trois médailles olympiques (bronze en 2012, or en 2016, argent en 2021), dirige actuellement l’équipe chinoise aux Championnats du monde juniors.
- Le tournoi junior est une étape cruciale pour les jeunes talents chinois, représentant une opportunité rare d’intégrer un effectif senior extrêmement compétitif.
- Le système de sélection chinois, bien que rigoureux, semble évoluer pour privilégier la « soif » de jeu et d’amélioration plutôt que le seul talent naturel.
Ancien champion du monde junior en 2007 et double champion du monde senior en 2014 et 2015, Chen Long a marqué l’histoire du badminton. Aujourd’hui, à 36 ans, il transmet son savoir-faire avec la même sérénité qui le caractérisait sur les courts. Son objectif est de guider la jeune garde chinoise à travers les défis des Championnats du monde juniors, un événement d’une importance capitale pour leur future carrière.
« C’est une formidable opportunité pour eux s’ils décrochent l’or », explique Chen Long avec tact, soulignant cependant : « Sinon, ils ont une dernière chance. Mais cela dépendra de leurs performances futures. » La pression est immense, car seul le titre suprême peut garantir une place dans le centre d’entraînement national de Shenzen, le prestigieux « Sweet Spot » de l’Association chinoise de badminton.
Malgré la rudesse du système, l’approche chinoise a montré des signes d’assouplissement au fil des ans. Chen Long suggère que les entraîneurs recherchent désormais davantage la motivation intrinsèque et la détermination des jeunes talents. Des joueurs comme Shi Yuqi, qui a pris son temps pour s’imposer au niveau mondial, ou Chen Yufei, qui a ouvertement évoqué ses difficultés après son titre olympique, illustrent cette évolution.
Historiquement, la Chine a dominé les épreuves par équipes mixtes des Championnats du monde, avec 14 titres en 20 éditions. Cependant, les succès récents ont été moins éclatants, l’Indonésie ayant remporté la dernière édition. Ce léger déclin pourrait être lié à des réductions budgétaires post-2016, affectant potentiellement le développement des jeunes talents. Bien que des joueurs comme Hu’Zhean et Xu Wenjing aient récemment remporté des titres majeurs, affirmant un renouveau dans certaines catégories, l’absence de titres mondiaux juniors consécutifs en simple depuis 2016 souligne les défis persistants.
De nombreuses légendes du badminton chinois, de Gong Ruina à Zheng Siwei, ont débuté leur carrière par une victoire au Mondial junior. Cependant, la Chine a également vu passer une cohorte de champions juniors, comme Wang Zhengming ou Tian Houwei, qui n’ont pas réussi à confirmer au plus haut niveau. Chen Long, lui-même champion junior et senior, est particulièrement bien placé pour comprendre les raisons de ces trajectoires divergentes.
Au terme de la phase de groupes, Chen Long s’est montré satisfait de la performance de ses protégés : « Je suis très satisfait de la performance des joueurs pour débuter la phase de groupes, et nous espérons un excellent week-end. » La Chine affrontera la Malaisie en quart de finale, une nation en plein essor dans les catégories juniors. Xu Wenjing, déjà championne individuelle, vise un nouveau titre par équipe. La jeune prodige de 17 ans a déjà fait ses preuves en battant la Top 10 japonaise Tomoka Miyazaki.
Le processus de sélection est clair : « Nous choisissons chaque année parmi nos championnats nationaux juniors. S’ils dépassent les attentes, ils montent directement chez les seniors… sinon, ils restent dans l’équipe junior », explique Chen Long. La Chine s’adapte également au nouveau format de relais en 45 points : « Les installations d’entraînement sont bonnes et nous aimons concourir ici. Le nouveau format – c’est nouveau pour tout le monde. C’est un bon défi d’essayer de nouvelles choses… nous verrons à l’avenir comment cela fonctionne », commente-t-il.
Retiré des compétitions depuis 2021, Chen Long, marié à l’ancienne numéro 1 mondiale Shixian Wang, s’est tourné vers le coaching : « Après ma carrière de joueur et ma retraite, j’y ai longuement réfléchi. Je ressentais toujours de l’enthousiasme pour le badminton. J’ai donc rejoint les juniors en tant qu’entraîneur pour continuer à travailler dans ce sport. »
La rivalité avec l’Indonésie, où le badminton est un sport national, reste intense. « Pour l’Indonésie, le badminton est un sport national. Pour la Chine, c’est presque la même chose », souligne Chen Long, évoquant le travail minutieux de sélection des joueurs à travers tout le pays grâce à des centaines de recruteurs et d’entraîneurs provinciaux.
Interrogé sur les talents indiens, Chen Long exprime une opinion positive : « J’ai une très bonne opinion du badminton indien, nous suivons quelques joueurs en simple garçons. En simple féminin, Sharma (Tanvi) a déjà joué en finale chez les seniors. Elle a déjà un très haut niveau de performance. »