Home Économie Chronique : Quatre points pour explorer la durabilité d’un yen fort après les élections à la Chambre des représentants = Daisaku Ueno | Reuters

Chronique : Quatre points pour explorer la durabilité d’un yen fort après les élections à la Chambre des représentants = Daisaku Ueno | Reuters

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Publié le 16 février 2024 à 07h36. Contre toute attente, le yen s’est renforcé face au dollar après les élections législatives japonaises, une évolution qui interroge les analystes et pourrait signaler un changement de cap dans la politique économique du pays.

  • La victoire écrasante du Parti libéral-démocrate (PLD) aux élections de la Chambre des représentants a coïncidé avec une appréciation inattendue du yen.
  • Cette dynamique s’explique potentiellement par une perception accrue de discipline budgétaire au sein du gouvernement, malgré les promesses de relance économique.
  • Les flux de capitaux et les anticipations concernant la politique monétaire de la Banque du Japon devraient limiter l’ampleur de la future appréciation du yen.

Le marché des changes a été surpris au début du mois de février. Alors que la plupart des observateurs s’attendaient à une nouvelle dépréciation du yen en cas de victoire du PLD, en raison des craintes liées à l’augmentation de la dette publique, la réalité a été tout autre. Le 12 février, le taux de change dollar/yen est tombé à 152,27 yens, son plus bas niveau depuis le 27 janvier, marquant une chute de 5,49 yens en seulement quatre jours de transactions, à partir d’un sommet mensuel de 157,76 yens enregistré le 9 février.

Cette inversion de tendance pose la question des facteurs qui ont pu influencer le marché. Selon Daisaku Ueno, stratège en chef des changes chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities, la victoire massive du PLD, qui a obtenu à lui seul 316 sièges à la Chambre des représentants (plus des deux tiers de l’assemblée), pourrait être en cause. Bien que la victoire du parti au pouvoir était largement anticipée, ce score sans précédent lui confère une marge de manœuvre politique considérable.

« On prend de plus en plus conscience que la future gestion de la politique budgétaire du gouvernement pourrait perdre l’accent sur l’expansionnisme, qui avait tendance à être souligné lors des débats préélectoraux avec les partis d’opposition, et s’orienter vers une approche plus pragmatique, avec une plus grande attention accordée à la discipline budgétaire », explique M. Ueno.

Cette perception d’un gouvernement plus soucieux de la rigueur budgétaire a pu inciter les investisseurs à inverser leurs positions spéculatives, notamment après des informations selon lesquelles les autorités chinoises auraient conseillé aux institutions financières nationales de réduire leurs avoirs en obligations américaines. De plus, l’appréciation du yen a été alimentée par les anticipations d’un resserrement monétaire plus rapide de la Banque du Japon, suite à la publication de statistiques sur l’emploi américain plus robustes que prévu.

Cependant, M. Ueno estime que la marge d’appréciation du yen reste limitée. Il prévoit un plancher autour de 150 yens pour un dollar cette année, avec une fourchette de fluctuation comprise entre 150 et 165 yens. Plusieurs facteurs pourraient freiner une nouvelle hausse du yen. Tout d’abord, les positions spéculatives à la vente du yen, qui avaient contribué à sa dépréciation, ont été en grande partie liquidées. Ensuite, la dévaluation structurelle du yen, due aux déficits commerciaux et numériques du Japon, persiste. Enfin, les anticipations concernant les futures hausses de taux d’intérêt de la Banque du Japon sont déjà intégrées dans les prix du marché.

L’analyste souligne également que l’expansion du nouveau NISA (Small Investment Tax Exemption System) pourrait encourager les investissements à l’étranger, exerçant une pression à la baisse sur le yen. Il met en garde contre un éventuel revirement de la politique budgétaire, notamment si le gouvernement décidait de mettre en œuvre des mesures coûteuses, telles que la suppression de la taxe sur la consommation pour les produits alimentaires ou une augmentation significative des dépenses de défense.

En conclusion, M. Ueno prévient qu’il est possible que le taux de change dollar/yen dépasse le plus haut de 2024, à 161,95 yens, à moins que le ministère des Finances ne reprenne ses interventions sur le marché des changes. Il souligne l’importance de surveiller de près l’évolution de la politique budgétaire du gouvernement et l’environnement économique mondial.

Cet article est une chronique publiée sur le Reuters Foreign Exchange Forum et reflète l’opinion personnelle de son auteur.

Daisaku Ueno est le stratège en chef des changes chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities.

Le contenu de cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.

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