Publié le 30 octobre 2025, 10:23. Cinq suspects supplémentaires ont été interpellés dans le cadre de l’enquête sur le spectaculaire vol de bijoux au musée du Louvre. Ces arrestations, intervenues mercredi soir en région parisienne, pourraient apporter des éclaircissements cruciaux sur le déroulement de l’attaque qui a défrayé la chronique.
Les forces de l’ordre ont procédé mercredi soir à l’interpellation de cinq individus dans la région parisienne, portant le nombre total de personnes appréhendées à sept dans l’affaire du vol des joyaux de la couronne au musée du Louvre le 19 octobre dernier. Selon Laure Beccuau, procureure de la République de Paris, ces nouvelles arrestations pourraient permettre de mieux comprendre les rouages de ce cambriolage audacieux.
Parmi les nouvelles personnes interpellées, l’une d’elles appartiendrait au commando de quatre hommes déjà identifiés par les caméras de surveillance et auteurs directs du vol. Deux autres suspects avaient déjà été arrêtés le week-end précédent, et ont « partiellement reconnu » leur implication dans l’affaire. La quatrième personne de ce groupe initial n’a pas encore été appréhendée.
Le rôle exact des cinq nouveaux suspects dans l’organisation et l’exécution du vol reste à déterminer, mais Laure Beccuau a indiqué sur les ondes de RTL que leur interrogatoire pourrait « éventuellement nous éclairer sur la manière dont l’incident s’est produit ». Les perquisitions menées simultanément dans plusieurs arrondissements et en banlieue parisienne, notamment en Seine-Saint-Denis, ont permis de saisir des téléphones portables et d’autres objets qui font l’objet d’analyses approfondies, notamment des messages cryptés.
Les personnes arrêtées peuvent être placées en garde à vue jusqu’à quatre jours avant d’être éventuellement mises en examen. Les enquêteurs ont précisé que des éléments d’ADN découverts sur la scène du crime pourraient incriminer l’un des suspects arrêtés mercredi. « Nous l’avions dans notre ligne de mire », a déclaré la procureure à propos de ce suspect principal, soulignant que ces dernières interpellations résultent « d’autres éléments du dossier » et non des déclarations des premiers interpellés.
Les autorités avaient déjà indiqué que l’équipe derrière le braquage pourrait être plus large que le simple quatuor ayant directement pénétré dans le musée. Les objets dérobés, dont la valeur est estimée à 88 millions d’euros (environ 76 millions de livres sterling ou 102 millions de dollars), ont été dérobés en plein jour, vers 9h30, juste après l’ouverture du musée au public. Les précieux bijoux n’ont pas encore été retrouvés à ce jour.
Les deux premiers suspects, âgés d’une trentaine d’années et connus des services de police, sont suspectés d’avoir utilisé des outils électriques pour forcer l’entrée de la Galerie d’Apollon. L’un d’eux a été arrêté alors qu’il tentait de prendre un vol pour l’Algérie. Il n’y a, à ce stade, « aucune preuve suggérant une complicité interne » au musée, a insisté Laure Beccuau, écartant la piste d’un employé du Louvre impliqué.
Le commando est arrivé à l’aide d’une nacelle élévatrice, installée sur un véhicule, pour accéder à la Galerie d’Apollon par un balcon donnant sur la Seine. Les voleurs ont ensuite utilisé une meuleuse pour découper les vitrines contenant les joyaux. Leur intrusion n’a duré que quatre minutes. Ils se sont enfuis à 9h38 sur deux scooters, avant de changer de véhicule pour prendre la fuite vers l’est de la capitale. Aucun coup de feu ni aucune menace n’ont été signalés durant l’opération.
Suite à cet incident, le ministre français de la Justice avait reconnu que les « protocoles de sécurité du Louvre avaient échoué » à prévenir ce cambriolage. Le directeur du musée avait révélé que la seule caméra de surveillance de la Galerie d’Apollon était mal orientée et filmait un balcon, et non l’entrée visée par les malfaiteurs. En réponse, les mesures de sécurité ont été renforcées dans plusieurs institutions culturelles françaises. Une partie des joyaux les plus précieux du Louvre a également été transférée à la Banque de France pour être placée dans un coffre-fort hautement sécurisé.